samedi, octobre 21, 2017

En février 2011, j'ai eu une paralysie de Bell atypique.

Atypique de par ses violentes neuropathies. Qui se sont ensuite installées en ma vie. Et sont devenues une invisible maladie chronique. 

Depuis l'été 2015, une collection de problèmes de santé aspirent mes jours, de la tumeur de bras à l'hystérectomie. 

En passant par ces neuropathies permanentes et une colonne vertébrale bien tordue. Un tout enrobé de puissantes douleurs physiques en tout genre.

Assez pour y perdre la tête... et une multitude "d'amis". Heureusement, j'arrive à garder ma tête mais malheureusement pas tous mes "amis"...

Enfin, je me dis aussi que cela en devient un filtre social naturel. Il finit par n'en rester que les meilleurs. Cela blesse un coup et puis cela cicatrise avec la leçon apprise.

Le défi étant de ne pas y perdre la foi en ma race...


Un tout d'ennuis de santé complexe qui, si je dois en expliquer tous les détails en profondeur, fait souvent fuir les gens ou les fait s'exclamer "Pauvre toi!". À répétition. Avant de les voir prendre leurs jambes à leur cou. Je génère l'impuissance parait-il...

Je ne suis toujours pas sûre de ce qui est pire à supporter, les maux physiques ou les réactions humaines face à ceux-ci. Comme si le fait d'être si malade faisait de moi une sorte de lépreuse. Qui ne mérite plus aucun respect...

Je ne suis pas "pauvre" d'avoir un corps qui me trahit la vie. Je ne suis pas non plus contagieuse! Je suis juste humaine. Une simple humaine qui essaie de survivre à son corps. Un jour à la fois.

Fatigues et déceptions...

Je choisis d'affronter chaque épreuve avec l'idée que cela puisse m'enrichir l'esprit. Rien n'est facile en la vie mais tout reste possible right?

Tant que l'on s'accroche a ses valeurs intérieures, à l'amour des siens et aux doux moments de la vie. Tout est possible à celui qui est patient?

Choisir de s'enrichir l'esprit en l'épreuve me parait la seule façon d'en ressortir plus forte. Moralement, je ne suis pas plus pauvre qu'un bien portant mais que je suis fatiguée!

Financièrement par exemple, je suis en effet fauchée comme les blés. Mais j'essaie de ne pas m'identifier l'être à mon compte en banque, cela me permet de garder mon moral à flot. 

Il n'est pas vraiment nécessaire de me souhaiter du courage en mes malheurs de santé. Je crois que le courage n'est que l'effet secondaire de la volonté et je possède une volonté de fer. Butée comme une mule! Qui apprécie les prières et cultive sa foi pour estomper ses peurs.

Depuis le temps que je rame, si j'avais dû couler, ou capituler, ce serait déjà fait cent fois! Du courage, j'en possède en un nombre infini qui me dépasse. De la patience serait plus d'actualité.

Patienter des jours meilleurs

Je dois maintenant cultiver bien des patiences. Avec l'espoir de retrouver, un jour meilleur, assez de forces vitales pour me réaliser de nouveau.

La patience de persévérer envers et contre tout. Mon tempérament guerrier refuse de se laisser victimiser par ses circonstances corporelles. Car je suis plus que mon corps...

Même lorsque bien fatiguée de lutter, je me rebelle en refusant toute pitié. Je pense que la pitié est nuisible. Elle dégrade l'être en son entier.

J'apprécie énormément la compréhension, la compassion ou la bienveillance mais de la pitié, non merci, je m'en passe!


Pas de pitié pour mes croissants! 

En chemin, je m'attire les foudres de ces âmes bien pensantes qui m'expliquent que je dois me cacher pour souffrir, me plaindre davantage de mon sort ou encore faire semblant d'être en forme. Heu. Non! 

J'en réalise, dans la foulée, que ce n'est pas parce-que je suis malade comme une chienne que l'on doit me traiter comme une chienne! Et pourtant, en l'année que je viens de passer, jamais je n'ai été aussi jugée, vilipendée, désertée.

En 2017, il ne fait pas bon être malade. Et pire encore si l'on est pas malade en des normes établies C'est ce que j'en apprends de ma dernière année. Être malade fait rejaillir les lâchetés modernes.

Égoïsme versus empathie. De quel côté penche la balance humaine? 

Est-ce les conséquences de l'individualisme moderne ou les effets pervers d'une société de loisirs?

Est-ce les conséquences invisibles de cette révolution numérique qui invente l'ego portrait?

Une révolution numérique qui centre l'ego individuel et décentre l'humanité en son entier?

L'égoïsme semble prendre le pas sur l'empathie. La norme se conforte en ses impuissances tout en cultivant ses petits plaisirs. Un monde bien froid s'en dégage. Un monde sans coeur? 

Égoïsme versus empathie. Où est-ce que la balance penche? C'est une question que je me suis souvent posée en ces temps si pressés pour la norme humaine.

Une norme privilégiée, qui n'a jamais vécu de façon aussi confortable, de toute son histoire humaine, mais qui n'en finit plus de se pleurnicher. Dérisoire ou pathétique?

Alors que le monde se presse, je fatigue. C'est le temps de reprendre mes disciplines de méditation...

Fatigues à méditer...

vendredi, octobre 20, 2017

Deux semaines après mon retour à la maison, je poursuis mon petit bonhomme de convalescence. Ça fait mal. Mon corps s'adapte à sa vie sans utérus. Un jour après l'autre.


Ramer de l'avant sous un ciel sombre

Sans peur des nuages menaçants à l'horizon (ou du lac tourmenté qui fait des vagues), l'on prend l'eau douce pour une immersion nature à deux.

Le soleil se cache. Le ciel, empli d'ombres, assombrit la surface de l'eau en tourmente. J'en apprécie le son des vagues qui s'écrasent sur le sable. Qu'importe le temps laid, l'on prend le large, sans trop s'éloigner du rivage...

L'homme rame avec brio tandis tandis que j'inspire ce fugace instant de liberté. Ma tignasse s'éclate aux quatre vents. À pleines narines, je respire l'air d'octobre, qui se fait tout doux.

Maintenant qu'il a gelé au sol, les promesses d'été indien voguent à l'horizon. En kayak, sur le lac ombrageux, je me force à trouver de quoi sourire.

Sourire m'aide à lutter contre ce malheur qui cherche à m'attraper les idées assombries de douleurs. Au final mes humeurs s'harmonisent avec les cieux nuageux!


Sourire, avec coeur, même quand ça fait bien mal!

Sincèrement sourire par dessus les douleurs et les malaises physiques, c'est d'abord refuser le contrôle de ces maux sur sa peau.

C'est choisir de ne pas être la victime de son sort. C'est transformer les difficultés en forces intérieures. Sourire dans l'épreuve, c'est choisir d'apprécier le meilleur tout en supportant le pire.

De plus, il est reconnu que l'action de sourire est, en soi, une façon pour le cerveau de développer les bonnes enzymes, de celles qui aident au moral en lutte.

Alors je choisis de sourire, même si je me sens bien mal en mon corps. Je souris pour mieux cultiver les gratitudes en mon coeur. Pour ne pas les oublier.

Je souris malgré les malaises physiques et les soucis financiers. Je souris car c'est meilleur pour ma santé. Surtout sachant que pleurer empire les symptômes physiques de mon nerf facial dégradé!

Sourire ne veut pas dire que je vais bien comme l'entendent les "bien-portants" de ce monde. Cela ne veut pas non plus dire que je fais semblant d'être ce que je ne ressens pas. Cela veut juste dire que je choisis d'assumer le bien plutôt que d'en geindre le mal...




Choisir d'en sourire plutôt que d'en pleurer....

jeudi, octobre 19, 2017

Lorsque Miss Soleil est née, elle tenait debout sur ses deux jambes.

Au sortir du ventre, capable de se tenir sur ses deux jambettes. À mon grand étonnement. Musclée dès sa naissance.

Pour m'en expliquer le phénomène, le docteur l'a qualifiée de bébé tonique.

J'étais aussi maganée qu'elle pétait le feu. Ensuite, même si bien affaiblie, j'étais si heureuse de la voir grandir en parfaite santé.

Si heureuse de la voir traverser ses étapes d'enfance sans heurt. Reconnaissante de la voir grandir en ses potentiels humains.

Au fil des jours qui ont suivi sa naissance, j'ai cependant eu l'impression d'avoir cloné mon mari. En fille! Comme si ce bébé avait été moulé avec le moule paternel... en mon ventre.

Pas besoin de test ADN pour en reconnaître la paternité. Il était certain que ce n'était pas le facteur qui était passé par là! Physiquement, ils ont le même type de corps athlétique. Les mêmes abilités sportives. Moi le sport, c'est pas mon fort...

Rappelons que j'ai réussi à me fracasser la tête au gymnase de mon école, à 12 ans, durant un cours de saut en hauteur. Pour ensuite m'en retrouver paraplégique. Un tout qui n'a pas aidé mes piètres abilités sportives.

L'intellect semble plus être ma voie à suivre pour m'épanouir en cette vie.

D'ailleurs, je me muscle la cervelle avec discipline. J'ai aussi le droit de faire du yoga ou du pilates.

Mais on me conseille d'éviter toutes sortes de sports. Pour mon bien...

Enfin présentement, même le yoga m'est interdit. D'ici Noël cela sera possible. Et je compte m'y bien plier.

Présentement, je peux marcher. Un peu. C'est ma victoire personnelle en ce corps qui me trahit trop souvent pour me point rager.

Marcher, c'est du sport en mon corps prématurément usé.  Un corps qui a quand même le mérite de s'être sorti de sa chaise roulante à 13 ans. Ou est-ce grâce aux volontés de son esprit?

Souvent, lorsque l'humeur de l'heure se vide d'espoir, je me rappelle le privilège de pouvoir marcher. Je me rappelle le bonheur de les avoir en ma vie. Je me rappelle que le confort existentiel est une illusion humaine.

Présentement, marcher, c'est déjà beaucoup pour moi. Mais pour eux deux, c'est une autre game.


Lui est sur un projet de course afin de lever quelques fonds pour ssoutenir ma cause en cours. Elle retrouve ses capacités physiques après une lourde et longue commotion cérébrale. Il lutte à mes côtés. Elle reprend ses cours de ballet et ses acrobaties quotidiennes. Je marche. Un peu. Quelques mètres à la fois. Par ci, par là.

Eux deux, ils roulent comme ils courent. Bien souvent, je les encourage à continuer sur leur lancée, pour mieux les croquer sur le vif. Parfois, j'en dirige même l'énergie en des inspirations photographiques.

Les voir bouger, courir, sauter, rouler me fait toujours du bien au coeur. Étrangement, cela le nourrit, cela l'allège et cela le renforce à la fois. Ceci doit être intimement relié aux sentiments que je ressens pour eux deux.

Tout futur se construit au présent. Tant qu'il y a un présent, il y a un futur. Apprécier le présent avec eux deux, c'est aussi essayer de me reconstruire au futur, pas à pas.

En cette convalescence d'hystérectomie, un petit setback fait remonter quelques douleurs bien féminines. Un médicament vient aider aider la cause. plus tannant que grave en soi. Mais à force de gérer diverses douleurs physiques, le cerveau sature. Le corps se fait bourreau. Le cerveau subit. La clé est certainement dans la tolérance qui grandit et la patience qui s'approfondit. M'alléger les idées en jouant avec ces #vidéos #boomerang qui me font sourire. Créer ce collage pour un billet de blogue. Utiliser le blogue pour garder un fil d'écriture, pour persévérer dans l'épreuve. En me rappelant que je suis aimée par eux deux et que l'amour que je ressens pour eux deux me renforce le coeur... #souffrirenbeauté #strenghcomesfromwithin #liveauthenthic #soisforteetgrandit #PainIsLifeLifeIsPain #lifewarrior #NeuropathicWarrior #hysterectomyrecovery #postop #posthystérectomie #sufferinginbeauty #collage #videography #lifeissimplebuthard #instalove
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Eux deux...

mardi, octobre 17, 2017



En France,  Cantat à la une des Inrocks fait grand désordre. Tant que les femmes rugissent sur les réseaux sociaux avec  #balancetonporc. Un hashtag cru qui dénonce ces hommes malfamés qui harcèlent sans pitié.

À Hollywood, le scandale Weinstein fait réagir les femmes avec le hashtag #Metoo. Au Québec, c'est #moiaussi qui libère les paroles des femmes tannées de se faire harceler. Je me joins à l'effort solidaire en partageant quelques bribes de vécu.

Heureuse je suis que s'unissent les femmes du monde moderne. Heureuse je suis qu'enfin réagissent les femmes bafouées depuis des millénaires. Il est temps de remettre quelques pendules masculines à l'heure du jour!

Le pouvoir des mots, la force de la vérité...

Espérons que ceci n'est pas juste une autre de ces tendances passagères qui fait feu de paille numérique... avant de disparaître dans le néant de nos consciences collectives.

Il reste cependant une nuance entre l'agression et le harcèlement sexuel. Même si tout harcèlement agresse. J'ai vécu plusieurs expériences d'harcèlement mais je n'ai jamais été agressée.

Cependant, en 44 ans d'existence féminine, j'ai vécu assez de mauvaises expériences pour savoir ce qu'il en est d'être sexuellement harcelée. Assez pour comprendre que les sources de ces harcèlements sexuels sont la domination et le pouvoir.

J'ai aussi connu certaines femmes, pour qui c'était normal. Et qui m'ont incitée à en accepter la chose sans broncher. Ce qui n'est jamais arrivé. Jamais je n'ai pu accepter la domination masculine.

Avoir 20 ans et buller 
au soleil des Laurentides
Je vais te prendre comme une chienne!

#moiaussi comme toutes les filles de ce monde.

En différentes occasions, de moins en moins souvent en vieillissant.

Aujourd'hui, je pense que c'est impossible, car la mère est rendue trop féroce.

Jeune, fraîche comme une rose qui vient d'éclore, c'est en marchant dans la rue que j'ai pu entendre toutes sortes d'obscénités.

J'ai pu entendre les horreurs que certains hommes auraient aimé me faire vivre. J'en ai appris à cultiver l'indifférence et le pas rapide.

Le dégout ressenti en ces moments là a toujours été plus fort que la peur. D'autant plus que ceux-là se nourrissent de la peur qu'ils inspirent. Avoir peur, c'est les stimuler.

Harcelée derrière les portes closes...

Par exemple, j'ai eu un beau-père qui s'amusait à me pogner les seins pour me prouver son pouvoir sur ma vie. Il a fini par quitter ma mère pour cause d'homosexualité.

Son harcèlement sexuel n'était même pas sexuel. Mais l'est-il jamais vraiment dans le fond? N'est-ce pas plutôt une question de pouvoir mâle? Une manière de dénigrer les femmes, de les rendre inférieures, de les écraser pour mieux les dominer?

Parfois c'est sexuel. D'autres fois, c'est juste la soif du pouvoir sur autrui. Ou encore les deux mélangés... #metoo

Comme c'était mon beau-père et que ma mère en acceptait les abus, j'étais démunie. Il pouvait me claquer les fesses selon ses humeurs ou carrément me pogner un sein (ou même les deux) et squeezer. À volonté. Parfois jusqu'à ce que j'en hurle. Soi disant pour rire. Même si je n'en riais jamais. J'en hurlais souvent. Mais cela faisait rire ma mère.

À l'intime, ma mère a développé un malin plaisir à me voir souffrir. À me voir dénigrée ou rabaissée. Avec toujours un petit discours de circonstance afin de bien m'expliquer comment je le méritais. Sa jalousie envers moi a été plus forte que son instinct maternel. Avec elle, j'ai tout appris par contre exemple.

J'avais 15/16 ans quand ce beau-père me tripotait en toute liberté. C'était sa façon de me rabaisser et de me remettre à "ma place". Sous sa coupe masculine. Jusqu'à ce que je lui dise d'arrêter à moins de le frapper en retour (vers 18/20 ans). #balancetonporc

Assouvir les fantasmes du mâle de service?

Que dire lorsque, vers 22 ans, le père de deux de mes élèves de cours privés de français m'a demandé de ne plus mettre de petite culotte durant mes cours (en me proposant de me payer plus cher de l'heure pour son fantasme) puis d'essayer de m'enroler en des contrats de bruitages de films pornographiques?

De me demander de feinter la jouissance tandis qu'il essayait de me persuader de capituler en montant ses prix. Bien consciente de ses manipulations masculines, résister fut simple. Ma mère, ensuite, de m'expliquer combien j'étais bêtasse de refuser une telle offre! Une décision que je n'ai pourtant jamais regrettée.

Le plus ironique étant que je faisais parfois mes cours privés en mode commando, ni vu ni connu, par liberté personnelle. Tout comme j'aimais me promener nue en forêt, suivie à la trace par mes deux chats.

Avec lui cependant, j'étais certaine d'être toujours culottée et strictement habillée. Car ses regards cochons m'irritaient profondément. J'ai eu bien de la peine pour ses gamins et pour leur mère.

Hier, en attendant le chiro
qui me redresse le dos
Je ne connais, aucune mère, à part la mienne, qui engueule sa fille parce-qu'elle refuse d'entrer dans l'univers du porno. J'ai refusé et il n'a plus jamais amené ses enfants à mes cours.

Non seulement j'avais raté l'occasion de faire de l'argent facile mais en plus j'avais perdu un client!

Ma mère m'en a fait la leçon, à maintes reprises. Trop prude à son goût j'étais. Jusqu'à ce que je finisse par couper tout pont avec elle.

Les jeunes filles comme proies...

Au tout début de l'adolescence, en France, à maintes reprises, je me suis fait suivre dans la rue. Sans même que ceux qui me suivent ne s'en cachent.

Tout en me faisant dire toutes sortes d'obscénités. En tant que jeune fille, c'était une norme sociale avec laquelle il fallait apprendre à vivre. Une norme qui hérissait tous les poils de mon corps.

Arrivée à Montréal, à 14 ans bien tassé, je me suis fait suivre quelques fois aussi (au fil des années). Mais c'était du pipi de chat par rapport à ce que j'avais connu en France. J'en fus si soulagée. Il en découlait un nouveau sentiment de sécurité que j'appréciais.

Rendue à mon âge vénérable, plus personne n'oserait s'y frotter. Car qui s'y frotte s'y pique!

Mais j'ai conscience de devoir maintenant préparer ma fille à ne jamais accepter l'irrespect de son sexe. À ne jamais avoir peur des hommes. Car nous ne sommes pas un "sexe faible", nous sommes des femmes fortes qui méritent le respect!

#Moiaussi libère les paroles féminines...

lundi, octobre 16, 2017

Faire évoluer une tradition estivale familiale/Pater Flight 201
Douze jours après ma dernière chirurgie, physiquement, chaque jour est un peu moins pire que le précèdent. Dieu merci.

Chaque jour, je cultive l'espoir au lieu de la peur. Comme un mantra intérieur. Et je persévère. Chaque jour, je me donne de ces petits défis pour étirer mes limites et juger de mes endurances. Tout en faisant preuve de sagesse et de raison.

Et, je travaille à ne pas en dénigrer les limitations d'existence. Aussi frustrantes soient-elles à mes sens. Il m'aura fallu sept jours de convalescence d'hystérectomie pour arriver à me traîner à la plage. Si proche et si loin.

Inspirer les dernières bribes de chaleur estivale qui s'attardent. Mettre les pieds dans l'eau de plus en plus fraîche. Humer l'air du temps...

Et puis, dans le soleil couchant, avoir l'idée subite d'une photo d'eux deux. De ces idées qui captent l'inspiration de l'instant présent.

Une idée folle que concrétisent mes acrobates, pour mon plus grand plaisir. Avec cette facilité physique qui, toujours, me déconcerte un peu. Tandis qu'une petite voix me chuchote: "Tel père, telle fille!"

Envoler l'enfance

Les habitués de ce blogue antique se rappeleront de notre tradition estivale de lancer d'enfance. Une décennie durant, chaque été, jouer le même jeu d'eau que je croque, sur le vif, avec mon objectif du moment.

Cette année, Miss Soleil a atteint la limite physique de son père pour cet exercice qui envole l'enfance. Un exercice d'antan devenu tradition familiale.

Aussi, j'étais vraiment contente d'accrocher cette idée folle et d'avoir assez d'énergie pour l'exprimer. Car c'est le premier été, où je n'ai pas, en mes archives numériques, un envol d'enfance.

Trouver une nouvelle idée pour poursuivre cette tradition malgré l'enfance, en processus d'adolescence, me fait du bien à l'âme. Ceci aussi aide à cultiver l'espoir en mon coeur.

Il s'inscrit en cette continuation familiale dont je fais partie intégrante. Car tant que je garde ma tête, je garde ma place au sein de ma famille, même lorsque mon corps me trahit et réduit mon être à l'ombre de ce que je fus.

Vrac de Pater Flight au fil du temps qui la grandit

J+12... gestation de renaissance?


Quand le corps se fait traître, vivre devient un combat invisible qui se déroule en arrière de la scène active. L'on entre alors en une réalité parallèle à la norme "bien-portante".

Quand le corps se fait traître, il ne suffit pas d'être résilient, il est aussi nécessaire de s'adapter à cette nouvelle réalité.

Quand le corps se fait traître, garder sa tête est vital. Refuser de me plaindre aide ma tête à ne pas lâcher...

Prendre le controle de sa cervelle empêche l'escalade de pensées négatives qui se révèlent nocives à l'esprit. Ceci permet de gérer le désespoir pour mieux cultiver l'espoir en son coeur.

Cela m'apprend que l'on possède tous le pouvoir de gérer ses pensées. Et par conséquent, ses émotions. Gérer ses pensées est d'ailleurs bénéfique à tout être humain, pas juste à ceux qui souffrent en des réalités parallèles.

J'apprends à ma fille ces notions abstraites de gérer et de contrôler ses pensées. Pour mieux maîtriser le cours de ses émotions.

Espérant ainsi lui donner quelques outils qui l'aideront à mieux être en grandissant. Espérant ainsi que ces leçons, apprises à la dure depuis ma naissance, lui permettent, à long terme, d'adoucir sa vie.


Être son propre maître...

jeudi, octobre 12, 2017


Hier, j'ai enfin eu assez de forces pour sortir de ma chambre et aller, avec lui, faire quelques pas sur le sable. Avec efforts et volontés. Pour le bien de mon âme.

Hier, J+7, plus capable d'être enfermée entre quatre murs. Forcer la chair fatiguée. En voiture, il m'emmène au lac. Si proche et si loin. Pour que j'inspire ce paysage qui me détend tant. Avec chignon et frisottis aux quatre vents...

Marcher cinq minutes sur la plage. En sept jours sans utérus, les couleurs ont bien tourné. L'automne bat son plein. Attristée. Inspirer. Expirer. Respirer. Les odeurs d'automne me glissent dans les narines qui frétillent. J'inspire. J'expire. Je respire. L'on accorde nos pas sur la sable mouillé.

L'automne rafraichit l'air du temps, que je croque en quelques images numériques. J'inspire. J'expire. Je respire. À grandes bouffées. À plein poumons. Mon endurance est minime. Trente minutes plus tard, de retour au cloître, je suis brûlée... à payer le prix demandé par mon corps fraîchement mutilé.

La bonne nouvelle étant que ma convalescence d'hystérectomie se déroule correctement. Chaque jour est un peu moins pire que le précédent. Ceci rassure mon homme en grand souci.

Chaque jour reste difficile à vivre. En l'adversité, je choisis de garder la tête froide (et haute). En chignon et frisottis. Chaque jour est un défi pour revenir au monde. Pour retrouver un zeste de confiance, envers ce monde humain, qui m'a bien déçue (par ces temps modernes qui courent après l'ego superficiel).

Utiliser tous les outils en mon invisible sac de gestion pour avancer. Pour espérer. Pour supporter les douleurs vives et les émotions étranges qui accompagnent cette opération/mutilation.

La convalescence est une dimension existentielle entre deux états physiques. Inspirer. Expirer. Respirer. Inlassablement. Une semaine de passée. À subir et souffrir. Sans pouvoir aspirer la vie en les jours qui passent.

Accrocher des bribes de moments présents. Bribes d'instants passés avec eux deux, accents de nature en couleurs et, toujours, persévèrer. Jour après jour. En coin de lac.


Une semaine plus tard...

mardi, octobre 10, 2017

Ces deux dernières années, la dégradation de ma santé nous a propulsé en une situation financière très précaire.

Que vaut une vie humaine en 2017 au Québec?

Quelle est la valeur de ma vie?

Vivre au Canada avec les même défis médicaux que nos voisins américains, c'est devoir se demander combien vaut sa vie...

Sachant que l'on arrive au bout de nos ressources financières et de nos limites d'endettement, la question se pose. Sérieusement.

L'homme, très angoissé par mes ennuis de santé, pense à lancer une levée de fonds pour essayer de sauver ma peau. Pour avoir une chance de continuer de me soigner. Il est même prêt à en faire un marathon.

Sans son support financier, il est vrai que je n'aurais sûrement pas tenu cette dernière année. C'est une réalité. Aussi réelle que troublante. Affaiblie par les épreuves en mon corps, c'est ma réalité présentement.

Dois-je accepter de ruiner mon mari pour rester en vie? Sachant que présentement je vaux plus cher morte que vivante. En ce monde tant axé sur l'argent et la popularité, que vaut ma peau?

Lorsque l'on en arrive à se demander, le plus sérieusement du monde, quel est le prix de ta vie, les détails du quotidien, dont tant se plaignent, sont remis bien en perspective.

Que vaut ma peau?

samedi, octobre 07, 2017

Trois jours en trois minutes vidéo. Trois minutes vidéo pour exorciser trois jours de bataille plutôt infernale.

Horrible expérience en soi. Brutal réveil. Violentes douleurs qui ravagent l'être en son entier. Hurler et prier entre deux assauts de sciage de ventre.

En profiter pour découvrir une nouvelle résistance à la morphine. De quoi bien souffrir pour pas un rond. Supplier qu'on m'assome tant c'est violent et brutal.

Ne pas aimer l'hôpital, deux jours sont assez pour rassurer les docteurs et me laisser repartir. Je suis sauve. Je marchouille quelques pas en serrant des dents.

Dieu merci pour mon mari qui se fait infirmier suppléant. Sans lui, j'aurais uriné en mon lit tout en moissisant en mon vomi. Les infirmières étant trop débordées pour gérer mon horrible retour de bloc. Je dois déjà être bienheureuse d'être en chambre.

Bien que, vu mon état lamentable, me retrouver en un couloir aurait causé bien des peurs aux passants! Je suis comme une lionne blessée, difficilement soulagée. Prête à rugir...

Côté anti-douleurs, je peux prendre des doses de cheval comme si c'était du pipi de chat! Et, quoi qu'en pense le doc de service, je finis toujours aux injections de Dilaudid. Évidement, je dois souffrir le martyr avant que celui là ne réalise ma différence.

En 2017, l'empathie est une denrée bien rare. Même à l'hôpital. Ne pas supporter le non respect de la douleur. Même en enfer, je garde ma tête assez froide pour rester droite. Et quiconque me manque de respect se fera ramasser en chemin.

Rentrer au bercail et souffrir tranquille. Accompagnée par mes deux chats, une puce épanouie, une amie cool et un mari qui tient le choc. De retour au bercail, alors que les douleurs physiques se gèrent, tant bien que mal, l'impact psychologique de cette chirurgie frappe en plein coeur. Et cela fait très mal. En assumer les émotions tristes en d'invisibles larmes.

Travailler la gratitude d'être sauve, accepter les douleurs qui en découlent. Se concentrer à les surmonter, au fil des jours à passer, pour remonter cette autre pente dégringolée en plusieurs coups de bistouri. Hystérectomie tu m'as eue!

Se concentrer, un jour à la fois, à remonter. Mais remonter où? À la surface des choses. À la surface du quotidien? Là où évolue la masse humaine? Hum...


Passer au travers...

mardi, octobre 03, 2017

Je ne connais plus vraiment la peur pour ma propre peau.

Durant ces dernières années, j'ai utilisé la douleur physique pour éradiquer la majorité de mes peurs intérieures. Il ne me reste plus que celles de perdre ceux que j'aime.

Aujourd'hui, mon homme est ultra angoissé à l'idée de demain. Il m'explique qu'il a appelé l'hôpital, de bon matin, trop inquiet.

Il craint que je sois encore trop faible pour passer au travers une telle chirurgie. Il veut en repousser la date d'un mois. Afin de me donner plus de chance d'aller mieux avant d'aller mal.

Je ne connais plus vraiment la peur. J'ai tant de maux de physiques à tolérer au quotidien, les peurs en sont inutiles. Je sais que mon utérus va bien mal là au milieu. Mais je sais aussi que ma "non peur" de la douleur a participé à ce que la physio me blesse. Gravement. J'apprends de cette leçon. En tenant compte des craintes de celui qui tient le plus à moi.

On attend donc l'appel de l'hôpital. L'infirmière rappelle avant midi. Elle a discuté de mon cas avec le chirurgien. Elle lui remet en perspective l'urgence de ma situation présente. J'ai déjà eu un bonus d'un mois. Sachant que j'aurais dû être opérée fin août. Plus de possibilité d'en étirer le répit.


Alors que mon homme angoisse, je lui explique mes chemins de pensées du jour. Ceux que je suivrai, heure après heure, afin de contrôler mes propres angoisses sur le sujet.

Plutôt que de réfléchir à la malchance de ma situation présente, je décide de penser à la chance que j'ai de pouvoir être opérée gratuitement. Car le coût d'une telle opération nous ferait  certainement perdre la maison!

Il parait qu'aux États-Unis, les factures médicales sont la principale cause de pourquoi des familles perdent leur maison. Nous dépensons déjà de petites fortunes pour me tenir en vie mais là, ce serait notre fin!

De plus, il parait que le chirurgien, en charge de mon cas, possède une très bonne réputation. Son expérience en ce qui concerne les utérus malades est reconnue. C'est toujours rassurant de le savoir.

Sans oublier que si je vivais en un village de brousse africain (ou autre coin de tiers-monde), j'aurais bien peu de chance d'avoir accès à une telle chirurgie. Combien d'enfants sur Terre sont ainsi orphelins de mère?

Ce qui me remet en tête combien de femmes sont aux prises avec un utérus meurtrier. Tellement plus que l'on ose y penser. Combien en meurent? Combien n'ont pas la chance d'avoir la vie prolongée par cette chirurgie?

Au retour de l'école, Miss Soleil m'exprime aussi ses inquiétudes. Je lui explique ma démarche mentale du jour. Qui semble la rassurer...


J'espère donc pouvoir revenir écrire ici dans pas trop long. Dès que je serai en mesure de le faire, je reviendrai partager des bribes de vie et réflexions.

Redonner vie à ce blogue s'inscrit en ce processus de renaissance postopératoire que je visualise. Pour mieux envisager ce futur si incertain qui est mien.

Je prie pour arriver à me réveiller de cette énième chirurgie sans grande difficulté. Je n'ai pas un bon dossier médical en ce qui concerne les anesthésies générales. J'espère pouvoir me réveiller. Pour ensuite cicatriser sans complication.

Que Dieu me garde en vie. Pour encore quelques années...

J-1 apprivoiser les angoisses du jour.