samedi, octobre 07, 2017

Passer au travers...

Trois jours en trois minutes vidéo. Trois minutes vidéo pour exorciser trois jours de bataille plutôt infernale.

Horrible expérience en soi. Brutal réveil. Violentes douleurs qui ravagent l'être en son entier. Hurler et prier entre deux assauts de sciage de ventre.

En profiter pour découvrir une nouvelle résistance à la morphine. De quoi bien souffrir pour pas un rond. Supplier qu'on m'assome tant c'est violent et brutal.

Ne pas aimer l'hôpital, deux jours sont assez pour rassurer les docteurs et me laisser repartir. Je suis sauve. Je marchouille quelques pas en serrant des dents.

Dieu merci pour mon mari qui se fait infirmier suppléant. Sans lui, j'aurais uriné en mon lit tout en moissisant en mon vomi. Les infirmières étant trop débordées pour gérer mon horrible retour de bloc. Je dois déjà être bienheureuse d'être en chambre.

Bien que, vu mon état lamentable, me retrouver en un couloir aurait causé bien des peurs aux passants! Je suis comme une lionne blessée, difficilement soulagée. Prête à rugir...

Côté anti-douleurs, je peux prendre des doses de cheval comme si c'était du pipi de chat! Et, quoi qu'en pense le doc de service, je finis toujours aux injections de Dilaudid. Évidement, je dois souffrir le martyr avant que celui là ne réalise ma différence.

En 2017, l'empathie est une denrée bien rare. Même à l'hôpital. Ne pas supporter le non respect de la douleur. Même en enfer, je garde ma tête assez froide pour rester droite. Et quiconque me manque de respect se fera ramasser en chemin.

Rentrer au bercail et souffrir tranquille. Accompagnée par mes deux chats, une puce épanouie, une amie cool et un mari qui tient le choc. De retour au bercail, alors que les douleurs physiques se gèrent, tant bien que mal, l'impact psychologique de cette chirurgie frappe en plein coeur. Et cela fait très mal. En assumer les émotions tristes en d'invisibles larmes.

Travailler la gratitude d'être sauve, accepter les douleurs qui en découlent. Se concentrer à les surmonter, au fil des jours à passer, pour remonter cette autre pente dégringolée en plusieurs coups de bistouri. Hystérectomie tu m'as eue!

Se concentrer, un jour à la fois, à remonter. Mais remonter où? À la surface des choses. À la surface du quotidien? Là où évolue la masse humaine? Hum...


3 commentaires:

  1. "Hystérectomie tu m'as eue!" Non, justement, et encore une autre épreuve dont tu vas te relever plus forte. Parce que justement tes proches seront ta motivation.
    [Je suis déçue de constater qu'au Québec aussi, le manque de personnel (infirmier et autres) (et compétent ?) explique aussi l'absence d'empathie et la prise en charge minimale. C'est décidément un problème univesel :(]

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  2. Pas envoyé de message mais j’ai eu une pensée pour toi le jour J.
    Content que tu sois déjà de retour chez toi, j’ai toujours été sûr qu’on y guérissait bien plus vite..!
    D’autant plus avec ton mari guerrier, ton mini-soleil (mais qui éclaire et réchauffe apparemment beaucoup !) et ton amie.
    Courage pour ces prochaines semaines, mais comme le dit Emmanuelle, c’est toi qui l’a eue !! Tu ne peux que t’en relever plus forte !

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  3. Emmanuelle, avec les jours qui passent, j'arrive à mieux penser que je l'ai eu. Merci de tes bonnes pensées. Oui, on dirait bien que l'empathie se perd partout :(

    Merci Ludo, cela me fait chaud au coeur. Je commence à reprendre le dessus. J'espère finir par arriver à retrouver une vie plus active. Merci pour le signe de vie et les pensées solidaires :)

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