mercredi, septembre 14, 2016

En sandwich entre amie et ennemie...

Ma pomme, mère et demi soeur 
autour de 1996/97
Toute mon enfance, au primaire, durant ces fins de semaines avec ma mère, elle m'expliquait souvent qu'elle ne voulait pas tant être ma mère que mon amie.

Elle préférait d'ailleurs que je l'appelle par son prénom. Ce que je refusais en bloc. Sans même comprendre pourquoi.

Je ne savais pas pourquoi cela me blessait tant mais j'en ressentais la douleur vive en mon coeur, sa brûlure en mon sang. Je ne savais pas comment l'expliquer mais j'en ressentais bien l'amère émotion.

Ce qui provoquait un conflit récurrent. Au milieu de plusieurs autres conflits. Et l'on se disputait. Une autre fois...

Elle voulait être mon amie avant d'être ma mère...


Je me souviens qu'après chacune de ces disputes j'étais anxieusement déstabilisée et intensément triste. Pourquoi don' elle voulait pas être ma mère? 

Mon père voulait pas être mon père et ma mère voulait juste être mon amie! Mais où j'étais don' tombée ?!? C'était quoi ces parents qui trouvaient ça trop difficile d'être parents ?!?

Pis des amis, j'en avais déjà plein, je voulais pas être son amie, je voulais être sa fille! Je voulais juste une mère. Comme mes amis en leur maison! J'écoutais ses discours étranges pendant que mes émotions pateaugeaient en leurs eaux troubles.

On se disputait. De nouveau le conflit entre nous. Je me renfermais sur moi-même. Comme une huître. Elle se moquait du "boudin" que je faisais dans mon coin.

J'attendais patiemment le lundi matin qui débutait une nouvelle semaine avec ma Mère-Grand. Là, où ma vie était "normale". Là, où je n'étais pas un poids.

Pendant ce temps (au tout début des années 80), elle accumulait plein de contenu pour se plaindre à ses amis de combien être monoparental était duuur. Et comment je lui gâchais ses weekends!

Elle accumulait des briques de ressentiments envers moi qui s'entassaient en son coeur. Qui le durcissait. Elle aussi attendait le lundi, moins patiemment que moi...

Au final, elle n'a jamais réussi à être une mère en ma vie et je n'ai jamais réussi à être une amie en la sienne! En fait elle est plutôt devenue le meilleur ennemi que j'aie jamais eu!

Au final, elle m'a jetée de sa vie, une ultime fois, il y a bientôt 7 ans. Mais cette fois là, j'ai pris la consciente décision d'arrêter de lui courir après. J'avais 36 ans. J'étais mère. J'étais fatiguée de courir après un mirage... de mon imagination.

Sur ce coup là, au téléphone, lorsque je l'ai entendu me dire qu'elle n'avait plus envie d'être la grand-mère de ma fille et qu'elle voulait une autre de ses annnées de break, Bang! Fracture de crâne. Saignement de coeur. Puis un intense "AhAh Moment"! Comme si d'un coup se mettaient en place toutes les piéces égarées du puzzle de mon enfance.

Cette ultime dispute, a été provoquée par le mini pétage de coche de l'homme, qui n'avait pas apprécié qu'elle veuille faire Noël avec notre fille de quatre ans, ses amis et "sa famille"... mais sans nous. Ce fut la cerise sur son sundae en ce qui le concerne.  Après dix ans d'union, son vase venait de déborder.

Quelques jours plus tard, se sont placées ces pièces égarées. J'ai compris toutes sortes de choses de mon enfance, les fins de semaine avec elle. Ce jour là, pour la première fois de ma vie, j'ai décidé consciemment d'arrêter de courir après un amour qu'elle ne ressentait point. L'amour d'une mère...

Je n'ai plus jamais fait un pas vers elle. Comme je l'avais toujours fait après chacun de ses rejets. Elle n'a jamais fait un pas vers moi. Ni quand j'ai été malade. À multiples occasions. Ni quand la petite s'est blessée. À différentes reprises.

Elle se contente de lire ce blogue, selon les échos de ce que j'en entends. Bonjour Maman! Ce texte là risque de ne pas te plaire (ou plutôt je ne doute pas qu'il te déplaise)...

Je ne voulais qu'être sa mère mais l'on devient amies...


Bref, en mon éducation maternelle, je n'ai jamais voulu être l'amie de ma fille, juste sa mère. Qu'elle m'appelle un jour par mon prénom est absolument hors de question! Cela a toujours été bien clair en mon âme et mon coeur.

Mais, voilà pas qu'au fil des années, se passe un étrange phénomène, qui semble tout à fait naturel. Il se fonde un aspect de notre relation que je n'avais jamais imaginé...

Une sorte d'amitié humaine qui se faufile en notre relation mère/fille. Un sentiment nouveau qui engendre de fascinantes émotions. Cela me fascine autant que cela m'intrigue.

Je découve, avec ma fillette qui pousse, ce que j'ai jamais connu avec ma mère. Une complicité forte et intime. Une compréhension profonde l'une de l'autre. Un respect mutuel. Une harmonie. De l'amour reciproque. Partagé. Le tout enrobé de cette intriguante amitié qui se construit en même temps qu'évolue notre relation.

Morale de cette histoire, pour être l'ami de son enfant, commencer par juste être son parent est un bon plan. Puisqu'il semble que l'amitié en résultera...

Ma pomme et ma fille en 2016


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