jeudi, août 25, 2016

Aéroport ou hôpital, même combat!

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Voyager me manque. Experimenter l'ailleurs, effleurer d'autres traditions, s'immerger en d'autres cultures, d'autres façons de vivre, élargir mes horizons humains en m'imprégnant la mémoire de nouveaux paysages. Me dépayser l'esprit...

En attendant le jour où je reprendrais la route ou l'avion, je gère mes ennuis de santé et ceux de ma fille.  Et je réalise qu'entre l'hôpital où l'aéroport existe un étrange parallèle...

Alors que je rassure ma compagne de galère en notre "chambre d'attente" pour le bloc opératoire, je découvre une nouvelle avenue de pensée.

Vu que c'est ma quatrième expérience de bloc en un an, en trois hôpitaux différents, je suis une routarde. Je commence à bien en comprendre le processus. En fait, pour ne plus craindre le bloc opératoire, il faut y aller à répétition. Tout est question de pratique...


Je réalise que l'hôpital c'est comme l'aéroport (ou tout du moins la chirurgie d'un jour).

On doit arriver deux à trois heures à l'avance pour s'enregistrer. Ensuite l'attente. Puis les procédures d'embarquement...


À l'aéroport on montre son passeport. À l'hôpital on montre son sang. Et hop perfusée!

Puis on attend encore en espérant qu'il n'y aura pas de retard. J'en profite pour faire connaissance avec ma voisine. On sympathise et on passe du "bon temps" ensemble. Ce qui ne laisse plus de place pour l'anxiété en cette chambre jaune où l'on attend. À jeun. Il est une heure de l'après-midi et l'on a faim!

Du coup, à chaque fois que passe une infirmière pour me demander si je suis bien à jeun. Je lui réponds que j'ai faim.

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En mon cas, mon vol est à l'heure. En le cas de ma voisine, qui a une autre destination que la mienne, il y a du retard.

En salle d'embarquement, encore de l'attente. On y rencontre l'infirmier, puis l'anesthésiste et ensuite le chirurgien.

En mon cas, je suis contente de retrouver Marcellin. Mon infirmier préféré rencontré là il y a un peu plus de trois mois. On se reconnait. On se plaît. On se charme.

Ma voisine de l'heure ronfle. Elle est âgée. Autour de 70 ans. Je la sens bougonne lorsque la réveille l'anesthésiste. J'apprends qu'elle est là pour se faire enlever de quoi dans la gorge. Son docteur la réveille de nouveau. Il lui demande si elle a arrêté de fumer. Elle lui répond que non. Il lui demande combien de cigarettes elle fume par jour. Elle lui répond un paquet.

Alors que je médite à ses côtés, j'hausse un sourcil malgré moi. J'ouvre les yeux. Elle est réveillée. Je lui fais une blague. Elle rit et ses yeux pétillent. Ce qui me fait sourire.

Je retourne à ma méditation du jour. En fond de scène, une infirmière de passage se confie à l'infirmière en charge des passagers de l'heure. Elle est écoeurée. Il se passe de quoi à l'interne et sa chef l'a mis de garde durant ses congés. Ce qui n'est pas des congés si elle est de garde!

L'une est verte et l'autre conforte, désolée pour sa collègue. Elle n'en comprends pas plus que celle qui devra être de garde durant ses congés...

Mon docteur favori arrive. Il m'appelle par mon prénom et je résiste à faire de même. En salle d'embarquement règne quand même un certain protocole. J'ai confiance en lui. Je lui explique ma théorie d'aéroport, il adore. En ce voyage, il est mon capitaine...

Je lui explique qu'une fois dans l'avion on ne possède plus le contrôle. Alors on a deux choix. Ou on stresse ou on prend ça cool.

Et cette fois-ci, j'ai décidé de prendre ça cool. Alors je prends ça cool et je lui laisse le contrôle. Il adore. Celui là m'aime autant que me détestait le chef de service de l'Enfant Jésus où je me suis retrouvée l"été dernier pour ma tumeur de bras.


Vient le temps du départ. Marcellin me souhaite un bon vol. Je l'en remercie. On me roule au bloc. Me voilà dans l'avion...

Je fais remarquer à l'équipe que Saint-Francois a une superbe vue du bloc où mon genou à été opéré il y a dix jours et que c'est pas mal mieux que les salles de sous-sol. Un membre de l'équipage me niaise un coup, je le niaise "back".

Petit retard avant l'envol. Mon cathéter a sauté. Je m'en doutais mais comme je ne suis que la patiente et qu'il est impossible de faire entendre quoi que ce soit à une infirmière inconnue. Je ne me suis pas astinée. Vu que j'ai décidé de prendre ça cool...

Mais quand le liquide que l'anesthésiste pousse en ma perfusion se répand sous ma peau comme un acide brûlant, je crie un coup. Juste assez pour que l'infirmière arrête tous les préparatifs de l'envol.

Alerte, alerte, elle vient de se prendre son "wesfhtrydd" sous cutané. La veine est pétée. J'aurais pu le dire avant mais vu que personne ne m'aurait écoutée, je me suis abstenue. Me doutant bien que ça finirait par se remarquer!

L'anesthésiste arrive à la rescousse. Merde, je viens de me prendre une dose "sous cut'". Yep. Ça a fait bien mal. Mais oui, j'en ai vu d'autres.

Après examination de mes veines, l'équipe se décide pour la main. J'en profite pour leur expliquer que c'est en effet une valeur sûre. J'ai aussi essayé de l'expliquer à l'infirmière de la douane mais comme elle a rien voulu savoir, je ne me suis pas astinée. J'ai pris ça cool.

L'anesthésiste confirme mon impression. Il en a le même avis. Selon lui, s'astiner avec les infirmières c'est que du trouble. Yep. Je confirme. Tant pis pour les infirmières dans la salle! Qu'elles en prennent de la graine à cultiver en leur terreau intérieur.

Repiquée, reperfusée je n'ai même pas le temps de voir arriver mon doc préféré que déjà l'on me roule en salle de réveil. Le vol s'est bien passé. Je suis arrivée à destination...


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