lundi, septembre 03, 2012

Madonna et noces de soie...

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Ma rentrée est ponctuée de ces petits ennuis de santé qui pourrissent la qualité d'une vie. Inutile d’en déblatérer. Ainsi va la vie qui va ah!

Bref, en milieu de semaine je vois passer  le statut FB d’une amie qui laisse à prix d’ami une paire de billets pour le gros show de Madonna sur les Plaines.

Lorsque les billets ont été mis en vente, le budget pour y aller ne faisait pas vraiment partie de l’équilibre financier familial. Petit serrement de cœur à rater telle occasion mais bon!

Cela dit, lorsque j’avais 13 ans, j’adorais Madonna. Et que n’aurais-je pas donné pour la voir en concert!

Pour me faire plaisir, l’homme propose quand même d'acheter un billet. En son milieu de travail, un collègue s’improvise revendeur et lui propose un billet à deux fois le prix. Je me rebelle, il est hors de question que je me ruine pour le bonheur de ceux qui achètent des billets à la pelle dans l’espoir de faire du profit!

Aussi, je lui dis : « Si l’univers veut que j’aille voir Madonna alors il me montrera la voie ». Les semaines passent, l'envie de mes 13 ans subsiste en fond de scène quotidienne.

Aussi lorsque je vois passer le statut, je me dis que c’est peut-être un signe de l’univers. J’écris à mon amie. Elle est prête à me les vendre à perte.Elle a acheté les billets pour des membres de sa famille qui lui ont fait faux bonds. Elle préfère me les vendre à moi plutôt qu’à un inconnu. Je n’y résiste pas...

Célébrer nos noces de soie

Entre temps, je bataille ces ennuis de santé qui m'ennuient et ainsi va la vie qui va... 

Le jour venu, j’hésite. Est-ce que je prends le risque de sortir même si pas super en forme? J’en parle avec mon amie. D’un autre côté cela ne peut que me faire du bien au mental! Et puis quitte à être maganée, autant se changer les idées! En plus c’est le fameux jour où l’on doit souligner nos douze ans de mariage…

Nous nous sommes mariés deux fois, une fois civilement, en France, à Besançon,en juillet 2000. Une deuxième fois au Québec, en la charmante église de notre village en bord de lac, alors que j’étais enceinte de 7 mois.

L’idée est donc que si l'on rate le premier anniversaire de mariage, il reste celui de la fin de semaine du travail pour se rattraper.

Douze ans cette année depuis le début officiel de notre union. Sept ans depuis celui qui débuta notre parentitude…

Pour nos dix ans de mariage, l’homme m’avait surprise avec un vol d’hélicoptère qui nous avait bien envoyé en l’air au-dessus de Charlevoix. Mémorable. Magique.

L’année dernière, paralysie faciale, ovaire enlevé  et compagnie, on était plus en mode survie que célébration. Cette année, la première date est tombée durant le concert de Leloup sur le Plaines...

On s’est alors dit: " C’est sympa comme soirée, on se reprendra pour passer un moment ensemble pour la deuxième date!" Leloup fut festif mais pas vraiment romantique. 

Aussi lorsque je dis à mon homme que je pourrais peut-être avoir une paire de billets pour Madonna, il grimace. Il avait pensé à une soirée spéciale. Romantisme oblige.

En plus, il n’est pas particulièrement fan de la Madonne.

Finalement il me dit : « Si tu as envie d’y aller, cela me fera plaisir de t’accompagner, c’est pas ce que je pensais faire pour notre anniversaire de mariage mais cela peut quand même être une belle soirée! »

Arrive le jour dit. Je ne suis pas au top de ma forme. Mais bon, il faut bien vivre...

En discutant avec mon amie puis en renseignant sur le déroulement du concert, je décide de me mettre en repos forcé toute la journée.

Prendre les médicaments nécessaires pour gérer les maux et aller au concert une fois la première partie passée. L’important n’étant pas comment l’on est placé mais plutôt de participer!

Étonnement les dilemmes de gardiennage de la puce se résolvent comme dans du beurre et la pleine lune appelle à sortir. Tous les morceaux du puzzle de la soirée s'emboitent avec une déconcertante facilité.

L’idée est d'aller garer la voiture sur le parking de l’Université pour ensuite aller en bus récupérer les billets sur Cartier et puis filer au concert.

On part le cœur léger, avec le bonheur simple de passer un moment ensemble, seuls, en amoureux. Sur le chemin la pleine lune rousse est magnifique...

Le soir expire encore des bribes de chaleur d’une superbe journée ensoleillée. L’on attrape le bus sans problème, quasi vide. On arrive sur Cartier alors que la première partie du concert est déjà bien commencé.

Pénélope et Instagram, pique et pique et colégram

Alors que l’on marche sur la rue Cartier, je remarque deux têtes blondes qui « s’instagramment » sur une terrasse lounge. 

Du coin de l’œil, je reconnais Pénélope McQuade qui est dans mon réseau Instagram, Twitter et Facebook. Je remarque que l’autre tête blonde est Geneviève Borne. J’en prends note et le dis à mon homme qui n’a aucune idée de qui est ni l’une ni l’autre…

Deux coins de rue plus loin, on récupère les billets dans la boite aux lettres de mon amie. J’ouvre l’enveloppe scellée et y découvre deux billets. Magique. C’est le temps de notre moment Instagram!

Par chance, je capte le Wifi libre d’un resto non loin,  l’on s’instagramme instantanément. Par curiosité, je vais voir le fil de Pénélope et réalise que je passais bien par là au moment de leur instant Instagram. Un instant qu’elle tweete au même moment! 

Amusée, je lui réponds en riant que je venais de passer là au même instant. Elle me retweete sur le champ en me disant que j'aurais dû m'arrêter!

Mais je ne suis pas groupie de nature, je n’aime pas déranger. Si elle avait été moins connue, peut-être me serais-je arrêtée plus facilement mais le fait qu'elle le soit autant me bloque. Enfin si l’on m’y invite, je ne résiste pas! 

J’en parle à mon homme qui, habituée à mes virtuelles réalités, me dit : « Ben vas la voir si tu en as envie » 

Okay, d’abord, j’en ai envie. Je l’aime bien Pénélope et pas parce-que c’est une célébrité locale mais parce-que derrière l’image connue, je perçois une réelle humanité qui me touche. À chaque échange virtuel que nous avons eu, j’ai toujours eu cette sensation particulière que c’était une fille bien. 

Pendant que l’on rebrousse chemin, l’homme me dit : « Mais c’est qui encore? ». Je soupire et hausse les épaules en souriant. J’arrive au coin de la rue et à peine ai-je le temps de penser que Pénélope ouvre ses bras en me disant « Etolane! ». Je la serre dans mes bras avec grand plaisir. 

Elle me dit qu’elle sait que Madonna n’entrera pas en scène avant 10hrs. Il est passé 9hres et on prend ça tranquillo. La nuit est douce sur Cartier. On y respire encore les douceurs de l’été qui se partagent au coin d’une terrasse.

C’est donc parti pour un peu de papotage virtuel/réel/humain.  Un papotage entrecoupé par des fans qui viennent la saluer. Alors qu’un couple d'un certain âge s’arrête et que la dame ouvre son cœur. L'émotion qui vibre dans sa voix est si intense que j'en ai des frissons.

L’homme, à mes côtés, écarquille les yeux. « Mais c’est qui encore cette fille? » semble-t-il me demander d'un regard surpris? Je le sens aussi ému que moi par la dame qui explique avec tant de cœur pourquoi elle adore Pénélope. C’est vraiment touchant. 

À peine a-t-elle fini, qu’une autre fille arrive. Celle-ci explique que sa mère, malade, est une grande fan de Pénélope. Je commence à réaliser que Pénélope est une sorte d’ange...

Via le Web, je n’avais vu que la fille mais là, au réel, je commence à en percevoir la magie en elle. L’inconnue, iphone en main, lui dit qu’une photo ferait le bonheur de sa mère qui a pleuré toute la journée. Mais si seulement Pénélope acceptait de lui passer un coup de fil pour égayer la tristesse de sa soirée, ce serait le comble du bonheur.

Avec pure gentillesse, Pénélope prend le téléphone pour parler à cette mère malade pendant que la fille, les larmes aux yeux, sourit. 

Rendu là l’émotion est à son paroxysme, je pense que l’homme est conquis. Tant d’amour universel en cet instant éphémère. Impossible de ne pas y succomber. L’homme n’a plus dans le regard cette interrogation : « Mais c’est qui cette fille? ». De mon côté, je ne peux que constater combien cette fille est lumineuse...

L’on papote encore un coup, de tout, de rien, de Québec, du lac, de santé, de virtualité, d’humanité, de cette soirée qui souligne nos douze ans de mariage. Elle est cool Pénélope. On se quitte avec le sourire et je ne résiste pas au plaisir d’Instagrammer l’instant. 

Après tout, cela me semble logique puisque que c'est Instagram nous a réuni. Et puis, elle peut bien être magique Pénélope car il est bien rare que je m’instagramme avec quiconque!

En route vers la grande messe de la Madonne 

Il est passé 9 et demie. L’on prend le chemin des Plaines d'Abraham. L’on entre sur le site un peu avant dix heures. Nous sommes seuls. Main dans la main. Les cadavres de bouteilles d’eau vides jonchent l’herbe que nous foulons. 

Nous entrons en un étrange labyrinthe de barrières. La nuit est douce. La première partie est finie. On sent la foule au loin. L'atmosphère est pleine d'humanités qui attendent le gros show.

Par hasard, on s’engage dans un couloir et, en toute innocence, l’on descend en direction de la scène. Au bout de cinq minutes, sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, l'on se rend compte que l’on a atterri à dix mètres de la scène!

On se regarde bouche bée! On se chuchote : « Ohoh, je pense qu’on est pas dans la bonne zone! »

À moins que justement l’on soit dans la bonne zone! Après tout cette nuit est remplie de magie humaine. Et puis c'est quand même nos noces de soie! Peut-être est-ce tout simplement l’univers qui nous guide vers le meilleur possible...

On est ensemble, sans Miss Soleil à choyer, mariés depuis douze ans et on s’aime encore. Elle est pas belle la vie?

On s’avance un peu, presque timidement, personne ne se préoccupe de nous. Une gang de gars chauds s’amuse non loin. Autour de nous, beaucoup de têtes grises attendent sagement. La vue sur la scène est imprenable. La lune veille.

À l’horizon, une marée humaine tapisse les Plaines. Il y a définitivement un petit goût de Festival d’été dans l'air. Ne manquent que les macarons pour faire scintiller l’atmosphère nocturne!

Étant habituée à couvrir le Festival, j’ai l’habitude de me trouver là où je suis. Si près de la scène, en cette section qui manque souvent d’ambiance mais qui a le mérite d’être aérée et d’être à une dizaine de mètres de l’artiste. Cela dit, je n’ai pas l’habitude d’y être avec mon homme! Et ça là, juste là, c’est magique.

C'est l’occasion de se serrer et de se bécoter sans se soucier de ce qui nous entoure! On se laisse aller à un peu de romance. Une quinzaine de minutes plus tard commence le show, et quel show!

La Madonne se donne sur les Plaines d’Abraham

Comme je m’y attendais, Madonna présente beaucoup de titres de son nouvel album. Un album que je connais bien peu. La mise en scène artistique qui frise l’art performance me séduit d'emblée.

Et que dire de l’artiste! 54 ans, un corps d’enfer et une énergie divine. Des danseurs talentueux, des chorégraphies intéressantes, un décor soigné. Tout un show visuel! De ci et de là, entre ses nouveautés, il y a ces quelques succès qui font vibrer la foule.

Évidement là où je me trouve, cela ne bouge pas beaucoup. Enfin j’y suis habituée. Étant toujours celle qui danse comme une folle au milieu de statues faites de chair et de sang.

Je laisse  les beats me glisser sous la peau et je me déhanche le corps collé à celui de mon homme. C’est pour cela qu’on est là après tout! Il faut toujours rendre honneur au bonheur quand il passe…

Au fur et à mesure du show, le bonheur m’emporte. Je flotte. Même la Madonne semble de bonne humeur.

Je craignais qu’elle soit froide et je la trouve plus chaleureuse que je m’y attendais. Souriante. Okay, je ne peux aussi qu’envier la fermeté de ses fesses! T’as beau avoir 54 ans quand t'as de telles fesses d’acier, tu peux définitivement les montrer! Et puis je trouve sa sexualité assumée plus épanouie que vulgaire. Cela me plait.

En fait, étonnement, je trouve même qu’il y a une certaine douceur à cette sexualité qu’elle contrôle depuis des décennies. J’apprécie. En tant que femme, j’admire cette sensualité qu'elle dégage. Je remarque aussi que mon homme est loin d'être indifférent aux charmes de la Madonne! On en rigole un peu.

Contre toutes attentes, l'homme est charmé de sa soirée. Il craque même sur la version dépouillée (et déshabillée) de "Like a virgin" que j'ai du mal à reconnaitre.

La Madonne finit par s’adresser à la foule en un petit discours qui aurait eu le mérite d’être mieux écouté par ceux qui m’entouraient. Bref...

Elle prêche pour la destruction de l’intolérance. Pour l’abolition de la haine. Elle lance l’idée que nous sommes tous égaux. Elle parle d’amour et de sa mère si tôt disparue. Elle en profite même pour respecter le drapeau québécois qu’on lui offre. Elle mentionne Jeanne d’Arc en passant.

Y’a pas, quoi qu’on en en dise quoi qu’on en pense, elle est encore du chien la Madonne…


Elle professe un message auquel j’adhère complétement. Et puis elle évoque ce principe qui fait que je ne suis guère groupie. On est tous que des humains après tout…

Après presque deux heures de show, pas de rappel en perspective.C’est plate. Mais bon, c’est le style de la Madonne. On ne la refera pas et puis on ne peut pas dire qu’elle ne s’est pas donnée! On reste un moment collés, amoureux, alors que la foule se disperse autour de nous. C’est alors qu’un gentil couple gay nous accoste.

Adorables, ils nous expliquent avec émotion comment ils ont été heureux de nous voir danser au milieu de gens plates. Combien ils nous ont regardé durant le show et combien ils nous ont trouvé mignons! Craquant! C’est notre fête! Mais oui, c’est notre fête de mariage! Nous les avons touchés. Manifestement on l’a encore l’affaire...

On leur sourit, eux même sont en couple depuis 17 ans. On papote joyeusement du concert. J’apprends qu’ils ont adoré le show, ils ne sont pas du tout déçus de leur soirée. Juste tristounets que la foule n'ait pas plus embarquée.

Grands fans de Madonna, ils savaient eux aussi que cette tournée avait pour but de promouvoir son nouvel album et non pas de ressasser des vieilleries...

Tout comme nous, ils trouvent bien qu’elle continue de créer, d’évoluer, d’avancer. D’ailleurs n’est-ce pas ce qui fait sa force?
Une soirée de noce de soie sous le signe de l'univers

Au sortir du spectacle, je me doute que les avis seront mitigés sur ce show. C'est le propre de l'humanité. Et puis Madonna est tellement un personnage en soi...

Mais en ce qui nous concerne, Madonna a tout à fait assuré! Elle nous a donné l'occasion de passer un moment ensemble qui fut tout aussi divertissant que romantique. Un moment empreint de magie. Le tout enrobé de la sensualité provocatrice de l'artiste. Mémorable.

Il est passé minuit et la lune brille haut dans le ciel. L'on suit la foule dense qui s'éparpillent dans les rues. Comme tout semble parfait en cette soirée où les étoiles s'alignent avec la lune pour que l'on soit bien. On sourit aux anges. L'on attrape un bus sans aucune difficulté.

Arrivés à Sainte-Foy, main dans la main, l'on savoure l'air de la nuit. L'univers m'est alors si doux qu'il semble me chuchoter au coin de l'âme :"Accroches toi, lâches pas, i'm here!"

4 commentaires:

Cynthia a dit…

J'ai rencontré Pénéloppe par hasard alors que j'étais caissière et elle faisait ses courses et j'ai eu la même impression que toi, en plus elle est d'une beauté rayonnante :)

Yano a dit…

Comme tu dis, la magie était au rendez-vous! Toutes mes félicitations à votre couple qui respire le bonheur et l'amour :)

Looange a dit…

Wow, j'arrive à comprendre ce que tu as vécu au spectacle de Madonna. Je ne l'aime pas particulièrement (je sais pas pourquoi), mais je suis contente de lire que tu as pu assister au spectacle :)

La Belle a dit…

Wow quelle magnifique soirée :-)

Joyeux douze ans d'amour!