vendredi, février 04, 2011

Techno-sauvage

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Techno-sauvage

Sauvage [sovaʒ] adjectif étym. v. 1130 salvage ◊ bas latin salvaticus, classique silvaticus, de silva « forêt » Famille étymologique ⇨ sauvage.

Depuis que je vis au coin de la forêt, je vis en accord avec la sauvage en mon sang, je l'embrasse entre deux arbres et un lac. Mais je suis une sauvage connectée. Semi sauvage mais complètement civilisée.

Selon mon cher Robert, sauvage et forêt ferait bon ménage. Être sauvage c'est être à l'état de nature, ne pas être modifié par l'homme. Être sauvage c'est vivre en liberté dans la nature et ne pas appartenir à l'expérience familière de l'homme. S'il existe ensuite multiples nuances de ce mot utilisé à toutes les sauces, c'est cette définition qui me sied à la lettre.

Vivre au quotidien en retrait de lac me permet de prendre une distance humaine. Je suis femme numérique et j'aime vivre à l'état de nature. J'aime me fondre en elle, oublier en son sein combien je suis bêtement humaine. J'aime me connecter à ma mère, la Terre. Dès que je m'y love. Je m'y retrouve. J'y ressens la beauté de l'invisible qui nous entoure. Je me connecte l'âme sur ces vibrations qui n'ont rien d'humaines mais qui élèvent tout humain qui s'y branche. Je m'y envole.

Cela dit, je reste humaine. Je dois construire et épanouir cette vie qui est mienne. Et j'ai été assez longtemps montréalaise pour comprendre que c'est aux cotés de la nature que réside mon équilibre intérieur. L'équilibre, ce fil de vie qui me balance la trentaine presque terminée. Cet équilibre qui n'est pas synonyme de banales platitudes mais de liberté maitrisée.

En mon équilibre humain s'insère le Web. J'aime le Web. Ce qui est paradoxal en soi. Je suis techno-sauvage. C'est grâce au Web que je peux vivre à l'état semi sauvage en coin de lac. Sans le Web, cela ne serait pas possible. Le Web est une ouverture sur l'humanité, l'espace où je vais la rencontrer. J'adore cette nouvelle dimension humaine qui trouble autant qu'elle fascine.

À petites doses, j'apprécie aller en ville. J'aime étudier les courants urbains qui y résident. Je rêve d'aller passer 4 jours à New-York. Les paradoxes font partie intégrante de l'humanité. Ils en dessinent les complexités. Les comprendre fait aussi partie de l'équilibre. J'ai quitté Montréal en 1996 et je me suis connectée au Web.

J'ai fait fait mes premiers pas sur la Toile en même temps que je me suis connectée à l'excellente nature que le Québec possède. La nature et le Web m'offrent cet espace de liberté qui me plait. Aujourd'hui, c'est vendredi merci et  je suis reconnaissante à la vie de pouvoir ainsi m'ensauvager...

4 commentaires:

Nomadesse a dit…

Je comprends très bien. J'ai aussi un paradoxe: je suis techno-littéraire... Près de mon ordinateur trône une immense bibliothèque. Quand j'étudiais à l'université, je me souviens que ce n'était pas du tout l'image classique d'une étudiante de littérature... Mais je suis très bien là-dedans.

Et pour avoir moi aussi vécue en ville plusieurs années, je remarque je m'en éloigne de plus en plus. Après tout, la technologie nous permet maintenant d'être liée au monde entier. Et j'apprécie mes sorties dans le "grand monde". :)

SiTuVeux a dit…

Très bien le web pour se parler entre humaines ensauvagées, moi, la marchande de jouets de la galerie Vivienne, située en plein cœur de Paris, voilà comment je vis chaque matin ma vie sauvage de ma maison jusqu'au magasin: à 7 heures du mat' je fais mes premières traces sur le Pont des Arts couvert de givre, je cause au choucas, aussi seul que moi qui zone devant le Louvre, au coin de la Banque de France je salue la touffe d'herbe qui pousse dans la cassure de l'asphalte... Et après ce minimaliste trip nature, c'est la défonce sur l'ordi, mais attention, j'ai toujours un bout de caillou dans la main, un morceau d'écorce à côté de l'écran!

La Belle a dit…

Des fois en te lisant, on oublie que tu as déjà vécu à Montréal.

Je crois que tu vis très bien où tu es, dans ton coin de lac :-)

Yuna a dit…

Etolane, c'est incroyable, je me perçois tellement dans ce que tu écris...pfiouuuu.....j'aimerai parfois vraiment qu'il n'existe pas cet océan entre nos deux vies et nos familles....Juste pour te rencontrer et papoter au bord du lac, autour d'un repas champêtre improvisé.
Ca sonne comme une déclaration ça, non?!!
Hé hé hé :-)
Au plaisir de te lire.