mardi, avril 15, 2014

Coup de coeur sous ciel grisou...

Ces trois dernières années à vivre avec un trijumeau endommagé, j'ai appris la distinction (et l'action) des larmes sur le nerf facial. 

J'ai appris que pleurer de colère, de peine ou de frustration, accentue les douleurs invisibles qui résident dans mon trijumeau gauche. Comme une chienne de Pavlov, prisonnière d'une expérience scientifique incompréhensible, j'ai appris à ne plus pleurer de ces larmes là. Je me suis endurcie. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Mais il y a des larmes qui ne font pas mal, des larmes qui ne crispent pas le nerf enflammé. Des larmes d'émotions pures qui détendent plutôt qu'enserrer. En regardant ce documentaire, j'ai pleuré quelques ruisseaux de ces larmes...

En mes fantasmes existentiels les plus fous, je rêve de vivre l'aventure qu'a vécu Zazie chez les Papous. Il n'y a pas tant de hasards si je vis entre lac et forêt. Je suis une sauvage civilisée. L'humanité est tellement plus vaste que cette petite zone de confort dans laquelle le quotidien se construit...


mercredi, avril 09, 2014

Fugue urbaine...

Se lever une autre journée sous la neige et soupirer de ce printemps sournois qui se moque de moi. Prendre la route pour fuguer mes bancs de neige et rejoindre le quotidien d'une amie urbaine.

Mère de deux enfants et pigiste, comme moi, on profite que son homme travaille à New-York pour se changer les idées entre filles.

Savourer le bien-être de rouler par ciel bleu. Absorber les kilomètres qui défilent. J'avale la distance que je parcours avec gourmandise. Accro aux road-trips, je ne résiste jamais à cette sensation de liberté que je ressens sur la route.

J'arrive en ville juste avant que le trafic ne devienne trop intense. Ah! Le bonheur de retrouver une amie qu'on a pas vu depuis trop longtemps!

Cela fait tellement de bien de passer du temps entre filles. De se comprendre. De s'entraider. De se plonger dans la douceur de l'amitié pour éclairer ce printemps tardif.

Je redécouvre NDG, un quartier où je n'ai pas mis les pieds depuis longtemps. Depuis mon adolescence urbaine. Toutes sortes de souvenirs remontent à la surface de mes heures. Je les accueille en mon cœur.

Alors qu'Isa vaque à sa routine quotidienne, je laisse la montréalaise en moi reprendre vie. Sa maison lumineuse est accueillante. Je tombe sous le charme de son petit homme. Je repose mes spleens de brousse enneigée. Étouffée par mes bancs de neige, je respire l'air pollué de la ville avec un sourire en coin.

Montréal se fait douce à mes humeurs, elle brille de soleil et dévoile même des parcelles d'herbe brunie.

L'occasion d'une marche printanière pour rejoindre mon amie. Après un tel hiver on a toutes les deux bien besoin d'un facial. Comme le temps nous presse on y va pour la version express, mieux vaut ça que rien!

Montréal sent le printemps. Je me délecte du plaisir de marcher au soleil. Je suis presque arrivée à destination. Je ne prends pas au sérieux une fine plaque de glace qui luit à l'ombre du trottoir où je marche.

Avant même que je ne réalise ce qui m'arrive, mes talons prennent une débarque et je me retrouve à terre. Traîtresse de glace!

Premier réflexe, s'assurer que j'ai pas cassé mon Samsung Galaxy avant d'examiner mon genou qui brûle. Soulagée de voir l'objet intact et de ne sentir aucune blessure majeure, je respire. Et je me relève d'un coup. Leggings troués et genou éraflé comme quand j'avais 7 ans. Oh! Well! L'occasion parfaite pour déambuler en ville avec un petit coté punk i guess...

Ce petit Spa urbain que me fait découvrir Isa est une enclave zen au cœur d'un quartier animé.On laisse nos soucis sur le pas de la porte pour mieux profiter de l'instant présent. A l'étage, l'ambiance est calme et sereine. L'esthéticienne assignée à mon soin est une belle surprise. Tout comme moi, elle a des problèmes de trijumeau. Rares sont ceux qui savent combien un trijumeau blessé est pénible à vivre. En parler avec quelqu'un qui en comprend les émotions que je partage est précieux. Je me sens choyée.

Pour la bonne cause, elle m'offre un massage de visage en bonus qui est un véritable cadeau du ciel. Entre le traitement et le massage, mon visage se détend comme cela faisait longtemps que cela ne lui était pas arrivé.  Mon esprit et ma peau se ressourcent. Je retrouve Isa, tout aussi détendue, avec un teint éclairci qui la rend d'autant plus jolie. Mon amie est fine prête pour sa nouvelle saison télé. Elle ne manquera pas de faire rêver les spectateurs avec ses chroniques voyage!

Après ce rare moment de détente féminin, on file en l'un de ses cafés où Isa a l'habitude de travailler. Comme je suis en visite, elle me laisse même sa place préférée, devant la fenêtre, tranquille. Je l'adore!

Les pigistes que nous sommes turbinons quelques heures. Alors que je me concentre, je suis reconnaissante à mon homme de prendre soin de ma puce tandis que je prends le temps de reconnecter quelques parcelles de féminité.

Isa retourne chercher les enfants. J'en profite pour faire une autre marche ensoleillée. Je rentre chez elle sans me presser. En foulant le pavé, j'absorbe les vibrations du quartier.

Je réalise à quel point il est multiculturel. L'on y entend une variété de langues qui divertissent ma cervelle. Mes oreilles voyagent à mesure que mes idées se renouvellent. Qu'il est est bon de marcher sur un trottoir sec avec un soleil qui réchauffe l'âme et la peau...

mardi, avril 08, 2014

Mère et femme cherchent équilibre...

Après les vortex polaires et autres bombes météos qui ont alimenté les nouvelles de la saison, je cache mes humeurs anthracites sous des bancs de neige qui peuvent monter à plus de deux mètres.

Cet hiver, les nouveaux termes pour d'écrire l'atmosphère ont été des plus créatifs! Presque amusants. S'il faut en rire pour ne pas en pleurer...

Enfin même si cet hiver aura été particulièrement rude, ce n'est pas non plus une surprise. On vit au Québec. Il y a de ces hivers là. De ces hivers qui s’inscrivent dans la mémoire collective.

Pas de réel printemps au programme pour nos pauvres âmes congelées.

En fait, le printemps est bien utopique en ma contrée nordique. Il est normal de passer de l'hiver à l'été. Sans transition autre que celle de la fonte qui fait de nos vies un univers éclaboussé de slush dégueu. Du coup, j'ai décidé d'acheter des bottes de pluie qui déchirent les yeux. Et de me donner le droit d'aller jouer dans les flaques (lacs) d'eau!

Pour survivre à mes spleens givrés, j'ai dû, contre mon gré, reposer mon corps ankylosé. Celui-là a pris une bonne débarque avec une bronchite fin février. Il ne s'est pas relevé aussi vite que je l'aurais souhaité. S'engage alors l'un de ces rapports de force qui se déroule en un intime silence.

Quand la santé me joue des tours, je puise volonté et courage en ma fillette qui pousse sans souci. Je la regarde s'épanouir avec joie et fierté (le tout accompagné d'un zeste de soulagement). Un peu comme un jardinier regarde avec satisfaction ses plantes pousser.

Depuis sa naissance je cultive son enfance avec ardeur. J'essaie de lui rendre la vie belle. Envers et contre tout. Sans pour autant la gâter pourrie.

Je materne et j'éduque. Je me nourris les patiences de ces fruits invisibles que je récolte en chemin. Des fruits à saveur de futur qui me redonnent l'envie d'avancer, de ne pas lâcher.

Je crois que la parentitude est un apprentissage à deux voies. Je lui apprends ce dont elle a besoin de savoir pour grandir. Elle m'apprend toutes sortes de choses sur ma propre humanité. De ces choses qui m'aideront à bien vieillir? C'est l'idée de fond...

Toutes deux à l'école de la vie, chacune à des degrés différents. Ensemble nous apprenons.

Ce faisant je réalise que l'ambition parentale que je ressens intérieurement surpasse mes ambitions professionnelles. Ce qui me fait souvent sentir comme une sorte d'extra-terrestre en la société où j'évolue. Mais quoi que je me raisonne, son bien-être passe avant le mien. C'est plus fort que moi. C'est viscéral.

Ceci dit, je sais aussi que mon bien-être aide au sien. Un jour (qui arrivera plus vite que je ne le pense) il sera temps pour elle de partir vivre sa vie. Que restera-t-il alors de la mienne?

 La femme et la mère se regardent en chiens de faïence et le défi de ce début de quarantaine est certainement de trouver ce fragile équilibre entre ces deux entités qui m'habitent les entrailles. 

jeudi, avril 03, 2014

Chercher le printemps dans la tempête...


Je n'ai pas pour habitude d'aller magasiner le dimanche. Faire les magasins ne fait pas partie de nos activités familiales dominicales. Mais lorsque le temps est si mauvais qu'on se demande si on va pas y perdre quelques raisons, cela devient une possibilité. Surtout lorsque Miss Soleil à tant grandi que plus un jean ne lui va! Il y a de ces exceptions qui font les règles...

Ainsi dimanche dernier, je décide d'aller chercher le printemps en renouvelant la garde-robe de ma puce. Walmart m'ayant invitée à tester sa nouvelle collection pour enfant, l'occasion fait le larron! Inutile de dire que Miss Soleil est ravie de cette décision.


Nous bravons donc la énième tempête de la saison pour se rendre au magasin. 

Rendu là, on est tellement blasé d'hiver que c'est pas une mini tempête qui va nous empêcher de sortir nous changer les idées!

Le bonheur ma puce fait mon bonheur. Ma petite fashionista en herbe adore la mode. 

Elle s'habille seule (en me demandant conseil) et agence ses looks. Elle s'habille seule avec les habits que j'ai approuvé. 

J'ai certaines balises maternelles en ce qui concerne sa garde robe. J'assume un penchant fashion. Les chats ne font pas des chiens et je cultive une certaine fierté à la voir épanouir son goût pour la mode. 

J'apprécie sa sensibilité et sa créativité sur le sujet.  Elle avait à peine cinq ans qu'elle voulait un site Web qui se nommerait Lilysoleilfashion.com. J'en étais soufflée! 

Sans parler que son prénom a inspiré la collection d'une dame rencontrée sur la plage du lac alors qu'elle n'avait pas deux ans. Une sympathique dame qui a maintenant pignon sur la rue St-Denis à Montréal. Pour une petite fille qui grandit entre lac et forêt, son intérêt pour la mode me fait sourire...

Bref, je lui donne une certaine liberté d'habillement tout en gardant le contrôle vu que c'est moi qui lui achète ses vêtements. Elle me fait confiance et on a là un beau terrain de jeu où exploiter notre relation mère/fille. J'espère garder une ouverture d'esprit sur les looks du futur qu'elle mijotera (lorsque je n'aurais plus aucun contrôle sur son habillement)!


Pour l'instant c'est l'harmonie. Tant que j'ai assez de patience pour passer une bonne heure avec elle du côté des cabines d'essayages, je peux apprécier ce moment mère/fille sans souci. Je sais aussi qu'elle l'apprécie vu comment elle me câline ensuite...

Et même si je rêverais de l'emmener dans les plus belles boutiques du monde, je suis incapable de lui acheter du linge hors de prix! 

Elle grandit si vite, il faut continuellement renouveler ses habits. Je n'ai définitivement pas les moyens de payer 50$ pour un vêtement qu'elle portera quelques mois.

Et pour ces raisons je trouve que magasiner des vêtements pour enfants à Walmart est une bonne option. On peut y dénicher des styles sympas. Les prix sont imbattables et généralement les vêtements tiennent la route.

Et si l'habit ne tient pas le choc de l'enfance on a juste à l'échanger. Walmart offre une garantie intéressante à ce sujet. En effet, la garantie de qualité de la collection George stipule que si l'habit s'use plus vite que l'enfant grandit, il est possible de remplacer le vêtement gratuitement. Un concept ne peut que plaire aux parents!


En cette virée de magasinage Miss Soleil a essayé beaucoup d'habits avant de trouver ce petit look printanier qui m'a fait craquer. Sans compter qu'un jean à dix dollars, ça l'fait! On a profité de l'occasion pour rêver d'été en achetant un maillot de bain (les siens ne lui vont plus non plus!) et une petite robe. Deux t-shirts à 4$ la séance de magasinage et c'est emballé!


Il ne nous reste plus qu'à attendre que le printemps se manifeste...  

À noter que l'on a toutes les deux craquées sur un petit manteau bleu malheureusement trop grand. 

Mais comme me l'a dit la Miss: "Ce sera pour l'année prochaine!". Vu tout ce qu'il lui reste à grandir, on ne manquera pas d'occasion de craquer sur des petits manteaux.

D'ici là j'espère quand même qu'elle ne grandira pas trop vite! En fait, je me demande ce qui m'angoisse le plus, le fait qu'elle grandisse vite ou que je vieillisse vite. Car veux-veux pas, au fur et à mesure qu'elle grandira, je vieillirai...

Oh! non! Voilà les idées noires de spleen givré qui m'emportent l'inspiration. Ouste! Pensons plutôt au printemps, aux fleurs qui jailliront de la terre libérée de neige, au lac qui une fois dégelé réchauffera. Aux beaux jours de l'été...

Pensons à ces choses qui nourrissent l'espoir. Et aux petits manteaux bleus qu'on achètera un de ces jours!
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samedi, mars 29, 2014

Si j'avais un marteau...

C'est toujours avec un sourire en coin que je parcoure les différents articles qui expliquent pourquoi fermer son compte Facebook. 

Être ou ne pas être sur Facebook? Telle est la question qui va et qui vient.

Sans aller jusqu'à l'extrême de fermer son compte, je crois qu'il est nécessaire de prendre Facebook avec un grain de sel. 

Relativiser le numérique pour mieux l'intégrer au réel. 

Nous vivons une ère fascinante. La révolution numérique insére le virtuel au réel et il ne sert à rien de paniquer. 

Le progrès fait toujours un peu peur mais la peur est nocive au développement. Je préfère être prévoyante que peureuse, comprendre plutôt que fuir...

Utiliser Facebook à bon escient est possible. Pour cela mieux vaut y réfléchir régulièrement. Ne pas faire tout et n'importe quoi. À mon sens Facebook est un formidable outil de communication. Et il n'est pas seul en ma boîte à outils numériques! 

J'imagine parfois Facebook comme un marteau des temps modernes, un outil qui peut m'aider à construire un réseau humain où s'échange les idées et les nouvelles. Un endroit propice à l'entraide. Mais comme tout bon marteau, il peut aussi se révéler dangereux. Mieux vaut ne pas s'en servir pour se péter un doigt en faisant le con ou taper sur son voisin! Et quand on est saoulé ne pas obligatoirement le jeter à la poubelle.

Prendre plutôt le temps de relativiser, de remettre les choses en perspective. Oser prendre du recul et ne pas craindre de s'en détacher de temps en temps. Après tout, on est pas non plus obligé de dormir tous les soirs avec son marteau sous son oreiller! Sauf en mode #zombiland...

mercredi, mars 19, 2014

Transcender le racisme...

Quel pays dans le monde est dénué de racisme? À part ceux qui résident en nos utopies et idéaux?

En ce moment, au Québec, on se choque de voir un certain racisme ressortir des boules à mites.

Peut-être que ce choc est en lien avec un certain déni. Oui, c'est vrai, il y a du racisme au Québec, comme partout ailleurs dans le monde...

Selon le Larousse, le racisme est une idéologie fondée sur la croyance qu'il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races ». Le racisme est le comportement inspiré par cette idéologie. C'est aussi "une attitude d'hostilité systématique à l'égard d'une catégorie déterminée de personnes : Racisme antijeunes."

De mon côté j'ai toujours pensé que le racisme était lié à la peur de l'étranger. La peur de la différence.  De incompréhension qui aiguise la peur.

Mais je ne crois pas que le racisme québécois soit basé sur la croyance qu'il existe une hiérarchie entre les groupes humains. Je pense plutôt qu'il se révèle dans une hostilité envers certains groupes. Ce qui me frappe personnellement c'est que ce racisme québécois semble plus souvent relié à la religion qu'à la couleur de la peau. Une religion en particulier qui inquiète par ses extrêmes. Est-ce du racisme ou de la peur?

À mon sens on oublie trop souvent de commenter combien le racisme québécois est peu féroce par rapport au racisme virulent qui sévit dans bien des pays civilisés. Et s'il est bon de le dénoncer il est aussi bon de mentionner qu'un étranger peut prendre racines au Québec et y être bien accepté. Ensuite vient la question de certaines attitudes. Celui qui prend pays doit aussi se résoudre à adopter les lois de ce pays. Ainsi va le monde. Mais mettre tout le monde dans le même sac est réducteur.

En tant que francophone, on peut aussi se rappeler qu'il suffit de remonter d'un gros siècle dans le temps pour se souvenir d'une époque où le francophone était considéré comme un citoyen de deuxième zone en son propre pays. Le racisme a eu tant de visages au cours des millénaires passés. Et quitte à remonter le temps qu'est-il donc arrivé à l'homme de Neandertal? Aurait-il été l'une des premières victimes du racisme humain?

Car le racisme est humain. Mais s'il fait partie de nos humanités depuis la nuit des temps il peut aussi être dépassé, transcendé. On est quand même rendu loin des hommes de Cro-Magnon! En le dépassant on acquiert alors une conscience nouvelle, de celles qui font évoluer l'humanité vers son meilleur.

J'ai grandi dans un milieu raciste. Mon enfance à été enrobée de ce subtil racisme qui fait partie du terroir de la France profonde. Puis j'ai vécu mon adolescence à Montréal et le côté multiculturel de la ville m'a ouvert l'esprit. Tant et si bien que les graines de racisme plantée en mon terreau d'enfance n'ont jamais germé. Merci Montréal.

Non seulement ces graines n'ont point germé mais d'autres ont été planté et elles ont bien poussé. Elles m'ont fait réaliser toute la richesse humaine que l'on peut récolter en apprenant de nos différences. Du coup, il est important à mes yeux d'avoir des amis de différentes nationalités et différentes couleurs de peau.  Ma vie me semblerait bien plate si elle ne devait se composer que d'une seule nuance culturelle...

En immigrant à l'âge de 14 ans j'ai aussi compris ce que c'était que d'être une étrangère. Plus d'un demi-siècle plus tard, je sais que je suis une hybride francophone. Les français fraîchement débarqués n'entendent plus que mes intonations québécoises et les québécois pur laine entendront toujours mes racines françaises. Sauf quand je me mets à sacrer comme un charretier! Ce qui est relativement rare à mon âge.

En grandissant, au fil de mon intégration, j'ai désiré n’incorporer que le meilleur du Québec tout en ne gardant que le meilleur de mes racines jurassiennes. Ceci a permis un bon ménage intérieur. Puis en devenant bilingue j'ai approfondi ma perception humaine. Avoir deux langues est toujours mieux qu'une! Mon immigration précoce a définitivement façonné la personne que je suis aujourd'hui.

Et j'ai appris que je serai toujours une minorité audible en mon pays adoptif. Mais cela ne m'empêche pas de m'y sentir chez moi et de m'y épanouir. J'ai aussi appris de cette expérience de vie que le racisme est une illusion. Une illusion humaine générée par l'ignorance et la fermeture d'esprit. Une illusion qui se nourrit de peur et de bêtise humaine. Une dangereuse illusion qui peut mener à la haine et la violence...

Malheureusement la bêtise humaine est loin d'être éradiquée sur Terre. Elle reste quand même minime au Québec. Elle existe certes. Mais elle ne nuit pas trop à l'évolution de la mentalité ambiante. Quant à la peur, elle a en effet grandi ces dernières années au Québec.

D’après mes expériences il règne au Québec une gentillesse de fond qui amenuise la bêtise humaine. Il règne au Québec une ouverture d'esprit qui en fait la grandeur humaine. Et j'ai espoir qui si une contrée peut arriver, un jour, à transcender le racisme, c'est bien elle...

dimanche, mars 09, 2014

Je spleen... Spleenes-tu?

Cette année l'hiver est coriace. Il nous "rentre dans l'dash" comme un semi-remorque.

Avec de la neige à profusion et des froids polaires qui se succèdent, ça fesse! 

Une petite bronchite plus tard, alors que je m'enfonce en un spleen hivernal personnalisé je constate que je ne suis pas la seule à en souffrir. Tout le monde en a plein son sac!

Par les temps qui courent, parler de l'hiver c'est être certain d'être compris. Tous dans la même galère. 

Ceux qui aiment les sports d'hiver sont les mieux lotis. Ils restent minoritaires. Les autres n'en peuvent plus à différentes nuances. Tout le monde rame.

Dans un sens c'est rassurant. C'est l'un des rares spleen humain que l'on peut partager de concert. En un même souffle. Ça soude. Je me suis dit toujours dit qu'il n'y avait rien comme un bon hiver pour faire ressortir le meilleur de l'humain au Québec. La solidarité est innée par grands froids. Instinctivement, personne ne laisse personne crever sur le bord de la route par -30. À force de se les geler, on a moins envie de se faire la guerre. On a juste le goût de cocoonner.

 Et c'est d'ailleurs là où le spleen se faufile, au cœur du cocon, selon les ingrédients de chacun, il mijote. Le mien bouillonne...

jeudi, février 20, 2014

#Throwbacktuesday. En mémoire...

https://www.flickr.com/photos/etolane/146589266/in/set-72057594135089756
Penser à Paris en 1900 en suivant ce lien et penser à mon arrière-grand-mère Berthe. Elle avait 75 ans quand je suis née. Je n'ai jamais connu son mari Urbain. Mort avant ma naissance.

À 20 ans, mon arrière-grand-mère Berthe, née en 1898, s'est chicanée avec son père (en son petit village jurassien). Coup de tête mémorable où elle a pris ses cliques et ses claques pour Paris.

Une réaction peu commune à l'époque. Elle y est restée sept ans avant de revenir au pays, réconciliée, pour se marier, reprendre la ferme et faire plein enfants. Je ne sais pas si elle y a vécu heureuse mais je sais qu'elle y a vécu longtemps...

Je l'ai toujours connu antique. Sa peau, tannée comme un parchemin ancien, me faisait un peu peur. J'aimais cependant son caractère coriace.

Ma grand-mère l'a récupérée sur ses très vieux jours. Et parfois, en ses délires, elle se prenait un trip où elle revivait ses années folles à Paris.

En ses très vieux jours elle oubliait toujours mon prénom mais que je délirais toute seule à l'écouter parler de ce monde d'antan.

Quand j'étais au primaire, elle refusait que ses enfants lui installent un WC digne de ce nom dans la salle de bain de sa petite maison à la campagne. Elle vivait paisiblement en ce petit village à l'orée de la forêt de Chaux. Non loin de la ferme qu'elle avait léguée à son fils...

Et elle ne voyait tout simplement pas l'intérêt de changer ses habitudes. Elle ne voyait pas le problème d'aller faire ses besoins dans le cabanon, conçu à cet effet, dehors. Elle trouvait le concept tout à fait fonctionnel. Merci. Ce qui avait tendance à profondément m'interloquer.

Chez elle, j'ai pratiqué, en toute impunité, le pipi sauvage. J'ai toujours préféré le champs fleuri à la cabane de bois version WC. Faire pipi entre deux marguerites est toujours plus plaisant que dans la sombre cabane nauséabonde!

Les dimanches de mon primaire, j'allais régulièrement la voir avec ma grand-mère. Et même si je m'y ennuyais ferme, entre deux pipis dans le champ, je me régalais de la traditionnelle brioche qui ornait sa table de cuisine.

Pendant que je savourais ma tranche de brioche, les adultes jasaient et je laissais voguer mon imagination. J'essayais de l'imaginer jeune, en ce monde si différent de celui où je vivais ma vie. En ce monde révolu où l'on allait encore à l'école en sabots. Pour passer le temps, je voyageais dans le temps, une bouchée de brioche à la fois...

À force de raisons et de dimanches dominicaux, Berthe a fini par flancher. Passé 85 ans, il faut avouer un certain confort à ne pas aller pisser dehors. Mais je me souviens encore de combien sa volonté de fer sur le sujet illuminait son corps tout entier. La rajeunissait.

Et voilà que je pense à ma fille, qui ne connaît des dimanches familiaux que des activités parentales, ma fille qui vit dans un monde si différent de celui où j'ai grandi. Non seulement géographiquement mais aussi technologiquement.

Que penserait Berthe de ce monde numérique à saveur américaine où grandit son arrière-arrière-petite-fille? De ce monde si étrange dans lequel je vis, de l'hybride que je suis devenue? Un monde où l'ordinateur a remplacé le facteur et où les téléphones ne servent plus guère à téléphoner mais à se connecter les uns aux autres.

Morte et enterrée, elle n'est plus depuis déjà longtemps, un demi siècle dans la terre. Mais je suis heureuse de l'avoir en ma mémoire. Heureuse de l'avoir connue. En ce jeudi matin gris de février, je me souviens.

Et alors que je finis de transcrire ces mots, par la fenêtre, un rayon de soleil perce le voile de nuages pour venir m'éclairer le visage, il me réchauffe la peau. Et je souris au ciel en pensant à elle...

jeudi, février 13, 2014

Fantasmes de St-Valentin...


Sur le sable rose de Horseshoe Bay Beach aux Bermudes...
C'est demain la Saint-Valentin et j'avoue rêver d'une nuit torride à l'hôtel avec mon homme.

Une nuit sans enfant où l'on ne serait plus parents, juste amants...

 Alors quitte à fantasmer un coup pourquoi ne pas se faire une petite liste d'hôtels à travers le monde où aller s'aimer en beauté?

À Paris,  l’hôtel le Bristol, situé rue du Faubourg-Saint-Honoré, est considéré comme l’un des plus prestigieux hôtels en France.

Cet ancien hôtel particulier construit en 1758 est un havre de luxe et volupté où vont se reposer les stars du monde entier. Doté d’un immense jardin et d’une piscine avec vue panoramique sur les toits parisiens et le Sacré-Cœur, c’est l’endroit rêvé pour filer le parfait amour.

Pour la confidence, mon ex (et premier amour) y fait un stage en notre folle jeunesse. Même s'il m'a brisé le cœur à Paris, en ce palace-ci, je n'aurais aucune peine à l'effacer de ma mémoire pour le plaisir d'y passer une chaude nuit avec celui qui l'a remplacé en ma vie.

Comment ne pas penser Venise lorsque l’on pense romance? Et, quitte à faire, autant choisir un hôtel où l’on peut accoster à la réception en gondole! L'hôtel Boscolo Venezia est situé non loin de la fameuse place St-Marc et offre une superbe ambiance vénitienne avec une façade historique et un jardin secret (le seul de Venise). De plus il propose de supers forfaits de Saint-Valentin avec une entrée gratuite au Spa et un dîner aux chandelles (sans oublier les chocolats, les fleurs et le vin dans la chambre).

Partons ensuite dans la célèbre baie d'Ha Long, située au nord du Vietnam dans le golfe du Tonkin, embarquons dans l’un des trois bateaux traditionnels Huong Hai Junks pour une croisière qui nous donnera l’occasion de nous en mettre plein la vue tandis que le soleil se couchera sur l’une des plus spectaculaires baies au monde.

Puis allons faire battre nos cœurs à New-York.  Histoire de bien profiter de ses charmes urbains et de son énergie sans pareille. Et quitte à croquer à pleine dents dans la grosse pomme, profitons-en pour aller s’aimer à New-York tout en admirant son iconique "skyline" du haut de l’une des spacieuses chambres de l’hôtel One UN. Pour en avoir expérimenté la vue en personne, je peux affirmer qu'elle est exceptionnelle!

Répondons ensuite à l'appel des Bermudes. À seulement deux heures d’avion de New-York, cette petite île aux plages de sable rose offre une atmosphère idéale pour faire vibrer l’amour en nos cœurs (et nos corps). Entre la gentillesse de sa population locale, ses eaux turquoises et ses paysages d’une beauté à couper le souffle, les amoureux batifoleront avec bonheur dans l’une des chambres de l’hôtel Tucker’s Point, niché en pleine nature.

Pour la petite anecdote, la dernière fois où j’y suis allée, malheureusement seule, j’ai pu entendre clairement un couple prendre son pied tandis que j’admirais la vue de mon balcon. Il y avait définitivement de l'amour dans l'air ce soir là!

Vue du balcon au Tucker's Point où j'ai eu l'occasion d'entendre des tourtereaux en pleine action...
Revenons au bercail pour prendre la direction de Québec et du château Frontenac. Au cœur du vieux Québec, avec une vue imprenable sur les glaces du fleuve St-Laurent, comment ne pas sentir battre la romance en son cœur? À noter que cette année l’hôtel fait l’objet de rénovations majeures mais une fois remis à neuf, nul doute que ce sera de nouveau un havre de paix pour tous les amoureux.

Et pour finir, qui n’a jamais rêvé d’aller voir les îles Fiji? En ce qui me concerne, j’en rêve souvent. Mais si je devais vraiment aller au bout de ce rêve alors je voudrais dormir en cet incroyable hôtel sous-marin en construction. Pour quelques dizaines de milliers de dollars d’heureux chanceux pourront bientôt profiter d’un forfait unique comprenant quatre nuits en bungalow sur plage et deux nuits sous l'eau (en plus d’expéditions en sous-marin). Et même si cet hôtel n’est pas encore fonctionnel, plus de 150 000 personnes se sont déjà inscrites dans l’espoir d’y réserver leur place. À noter qu’il n’y aura que 7200 réservations par année.

Ah! Qu'il fait bon rêver en couleurs! Et vous quel serait votre hôtel fantasmé, n'importe où dans le monde, pour une torride nuit en amoureux?

mercredi, février 12, 2014

Aller faire des tours de Carnaval...



Soyons francs je préfèrerais prendre le volant pour aller voir à Key West si j'y suis plutôt que d'affronter l'hiver, ses monts de neige et ses vortex polaires. Mais comme on ne fait pas ce que l'on veut tous les jours, autant prendre l'hiver par le bon bout et s'amuser un coup...

Invitée par Telus, je prends mon "winterblues" en mains pour aller faire un tour du Carnaval de Québec dès son week-end d'ouverture.

Alors que je m'ouvre l'esprit pour mieux en effacer ses complaintes hivernales, je me laisse captiver par l'ambiance particulière de ce festival qui célèbre cette saison qui fait notre pays. C'est pas moi qui le dit, c'est Vigneault!


Sur les Plaines, je ne peux m'empêcher de comparer le contraste de mes multiples souvenirs de Festival d'été avec l'atmosphère polaire dans laquelle je erre. Entre les cris de bonheurs de ceux qui glissent gaiement et les couleurs multicolores de la grande roue, nous nous posons dans la zone d'enfance Telus où les petits (et aussi les grands) peuvent s'amuser à sculpter l'hiver... un bloc de neige à la fois...

Il fait doux en ce premier dimanche de Carnaval, un gros -5 qui repose les nerfs après les -30 à répétition des derniers mois. J'inspire les Plaines d'hiver et je sens la sérotonine vibrer en mes neurones. Je me laisse captiver par les bonheurs de cette rude saison. Par l'aventure qu'elle exhale en ses extrêmes. Je fonds peu à peu et mon cœur bat alors un peu plus fort quand passe Bonhomme...


Aller faire un tour de l'anneau de glace et apprécier l'incroyable vue sur les glaces du St-Laurent ou les lumières qui illuminent les Plaines. Se dire qu'on se prendrait bien une petite queue de castor en arpentant les différentes zones qui animent le cœur du Carnaval. Voir les sourires des gens qui réchauffent l'humanité givrée.

Miss Soleil déguste une tire fraîche avec enthousiasme et me voilà vendue. Je "carnavale"! Quelques glissades se suivent et la nuit est plus douce entre les enfants qui s'éclatent et les copains avec qui l'on se lance sur une tripe pour dévaler la butte en criant sa vie

L'on repart à la maison le corps en pleine forme et le cœur débordant de cette subtile joie qui fait la magie du Carnaval de Québec...


On y revient le mardi suivant entre 6 et 8 heures du soir pour faire quelques glissades sans devoir faire la file. Idem pour la grande roue! Les soirs de semaines, les Plaines sont si tranquilles que l'on peut définitivement en profiter au maximum. 

Dans la foulée on y découvre le coin de la pêche blanche et l'on revient à la maison avec deux truites fraîchement pêchées. Qui eut cru que l'on attraperait des truites sur les Plaines d'Abraham!!!

À noter que toutes ces activités sont gratuites une fois sur le site. Nul doute qu'il y a là de quoi mettre à profit son effigie...


Le dimanche suivant, on y retourne en fin d'après-midi avec la meilleure amie de Miss Soleil. Et c'est reparti pour des tours de Grande Roue multicolore. L'occasion d’apprécier les lumières de la ville (et de se geler un peu les fesses mais rendu là c'est pas comme si on était pas habitué).

Sans oublier d'aller faire un tour du château de Bonhomme puis de dévaler la glissade de glace! Et de dévorer une autre queue de castor...


Les filles trippent comme des folles. La vie est belle au royaume de l'hiver. Encore une fois la magie du Carnaval nous emporte. Le fun est définitivement de la partie! 

Tant et si bien que l'on en oublie le froid qui sévit. Prochaine virée pour le défilé...