dimanche, juin 26, 2016

Brève que je laisse jaillir sous la pulsion de cette lecture matinale sur la Presse +: La faute aux réseaux sociaux?


Je suis perfectionniste, il est perfectionniste, elle est perfectionniste. Es-tu perfectionniste?

Ceci dit, j'ai beau avoir des dizaines d'idéaux, je sais que la perfection n'existe pas. C'est juste une ambition.

Il n'existe aucune perfection, c'est un fantasme humain. Un mirage. Je ne comprends pas ce moule qui persiste, "mère indigne", "mère parfaite", blablabla, c'est du vent.

De plus, une mère ne devrait-elle pas moins se soucier de ce qu'elle est pour plus de soucier de ce que son enfant est?

On peut tendre vers une certaine perfection mais en tant qu'humain, cela ne peut qu'être une tendance puisque c'est une vision que l'on ne peut atteindre sur Terre. Si on le pouvait, on le saurait.

L'équilibre est atteignable, ça on le sait! En ce savant mélange d'imperfections et de perfections qui font un fil où s'élever...

Nope y'a pas, je comprends pas ce trip de catégorisation. Enfin, à la base, je vois pas le point de catégoriser l'humanité puisqu'en soi chaque humain est unique. N'est-ce pas justement ce qui en fait le charme et la beauté?

Sachant cela, je crois pourtant qu'il faut viser les étoiles si l'on veut atteindre la lune...


Fuck les étiquettes!

mercredi, juin 22, 2016


Après une vague de chaleur aux accents de canicule, un orage violent à y perdre l'électricité près de 24 heures et une douce fête des pères, l'été se précise en nos latitudes nordiques.

Avec l’été qui se dessine, revient notre fièvre de Festival d’été de Québec!

Au fil de mes années à bloguer, je ne compte plus le nombre de textes que j’ai écrit en lien avec le Festival d’été. Surement de quoi en faire un roman! Et jamais l'inspiration ne manque.

Le Festival d'été, je l’aime d’amour…


En mes sens, le Festival d'été est avant tout une expérience estivale que l'on apprécie quel que soient les artistes invités.

Évidement il y a toujours les fameux débats annuels autour des musiciens. Qui est là. Qui n'est pas là. Qui est déçu. Qui est content. Blablabla...

C'est sans importance en notre tradition familiale. En nos habitudes, "festivaler" ne consiste pas seulement à aller voir des artistes que l'on aime un peu ou beaucoup.

"Festivaler" l'été, c'est profiter de douces nuits sous les étoiles. C'est découvrir des artistes que l'on ne connaissait pas. C'est s'en mettre les oreilles. C'est avoir des coups de coeurs musicaux. C'est être heureux, tout simplement...

C'est tripper avec les Arts de la Rue ou s'éclater l'enfance à la Place de Famille. C'est inspirer le coeur de la ville de Québec qui vibre en harmonie avec cette fête musicale qui célébre l'été...


Année aprés année, fonder une tradition musicale...

En furetant dans mes archives, je redécouvre un billet de 2010 sur la Place de la Famille qui me fait sourire. Je me souviens encore trés bien de cet excellent spectacle donné par La Luna Cabarella, Place de la Famille en 2012. En 2010, Miss Soleil a festivalé la jambe dans le plâtre...

L'année dernière, c'est en compagnie de son amie Amé que Miss Soleil s'est éclatée à la Place de la Famille. En son ambiance créative et bienveillante, les filles ont trippé comme des folles.


On aime la Place de la Famille Le Lait pour toutes sortes de raisons. On se rappelle même que l'on pas manqué de partager notre affection de FEQ durant nos chroniques estivales à l'émission de radio Parentem. Petit retour dans le temps en images... #BackTo2015

L'année dernière, les filles ont capoté durant ce spectacle impressionnant et oh combien amusant! Les émotions fortes, c'est pas juste dans les manèges qu'on les ressent!


Sans oublier que les poissons volants japonais (nommés Koinoboris) faits en l'atelier du Musée flottent toujours dans notre salon. Il y ont passés l'année!

Pour la petite histoire, les Koinoboris sont des banderoles traditionnelles en forme de carpe qui volent à la façon des cerfs-volants. Ces banderoles célébrent la journée des enfants qui est un événement traditionnel au Japon.

Les Koinoboris tiennent leur origine d'une légende lointaine qui rend hommage à la persévérance, au courage et à la force dont font preuve les carpes en remontant les rivières et les cascades à contre courant.

Selon la coutume ancestrale, ces bannières qui représentent des carpes sont accrochées le long de longues perches en bambous. 

La première carpe, de couleur noire, évoque le père de famille. La seconde carpe de couleur rouge est Higoi, elle symbolise la mère. Des petites carpes sont ensuite ajoutées pour chaque enfant. Traditionnellement, seules les familles ayant des enfants mâles dressaient des koinoboris devant leur maison.

Mais cette fête est, aujourd'hui, consacrée à tous les enfants. Ces rites traditionnels, hauts en couleurs, sont l’occasion de souhaiter bonheur et santé aux enfants.

Bref, Place de la Famille Le Lait, non seulement on s'y amuse mais on s'y instruit et on s'y cultive...


Tripper à la Place de la Famille (et en plus c'est gratuit!)

Alors que monte la fièvre du FEQ, ma puce de dix ans (pour qui le Festival fait partie intégrante de ses traditions enfantines) a bien hâte de retrouver le chemin de la Place de la Famille (où elle aime tant s'y évader les idées).

Et c’est toujours un plaisir pour nous de l’y emmener…

En festivaliers expérimentés que nous sommes, l’on n’oublie pas que la Place de la Famille ferme à 16hres 30.

La semaine, il est possible d’y croiser quelques camps d’été en ballade. Ce qui peut alonger les files d'attente de certaines activités.

En ce qui nous concerne, c’est les spectacles qui guident nos virées en ce coin de Festival où les enfants sont à l’honneur.

On aime aussi y apporter notre lunch. On en profite pour pique-niquer tranquille tandis que l'enfance s’amuse à sa guise.

Ce qui est plaisant, c'est que si l’évènement se déroule sur le même site depuis plusieurs années, l’atmosphère y est chaque fois différente avec de nouvelles activités, animations et jeux d’enfance…


Sans compter que le site de la Place de la Famille Le Lait offre un cadre charmant pour savourer Québec. Nichée entre le fleuve et la vieille ville, on inspire que du beau! Même quand le ciel se fait grisou...

Cette année, je suis intriguée par le grand remorqueur des mers qui promet de nous offrir des sensations fortes!

Malheureusement, en sa récupération de commotion, cela ne sera pas une option pour Miss Soleil. Mais elle pourra peut-être se rattraper avec la méga glissade. Et je soupçonne qu’elle trouvera les pédalos trippants...

Coté chapiteau on essaiera d’attraper les bulles géantes de Yannick Bergeron et la puce risque de m'étriper si l'on rate le spectacle de Toc Toc Toc! Les performances de l'école du Cirque sont un must en notre programme.

Je tiens aussi à découvrir les contes africains de Djembé Québec et le théatre de la Bacaisse. Avec un peu de chance on pourra même observer la dragonne tambour... 

Pour vachement tripper le Festival...

Cette année encore, les passionnées du FEQ (comme moi) peuvent prendre la chance de gagner un super concours.

Celui qui le décroche, gagne le jackspot de Festival d'été, du plaisir en boite!


Bien nourri et bien logé, le festivalier chanceux, aura des accès de concert VIP, des places réservées et plein d’autres privilèges pour savourer ce que la ville a de meilleur à offrir. Ce prix d'une valeur approximative de 1 400$ me fait rêver en couleurs!

Si vous êtes de ceux qui ressentent la fièvre du Festival, je vous encourage fortement à y participer en suivant ce lien avant le premier juillet. Pressez-vous d'y cliquer pour tenter la chance de vachement tripper...


La Place de la Famille du FEQ, c'est vachement trippant...

jeudi, juin 16, 2016

Il y a de ces semaines qui glissent entre les doigts, celle-ci a glissé de rendez-vous médicaux en rendez-vous médicaux, entrecoupée d'école à domicile. On s'y adapte plus qu'on ne s'y habitue. Mais le beau temps est revenu!

Cette fin de semaine, on ouvre de nouveau notre Pop Up Pastry Shop dans le cadre de la grande journée des petits entrepreneurs. Mère à la pâte, fille qui frit...

Miss Soleil est trés impliquée en son projet qu'elle mêne avec un mignon professionnalisme. Elle nous embauche en son entreprise éphémére et elle sait ce qu'elle veut!

Mère à demeure

Depuis la "commo" de ma puce, je ne compte plus ces journées où je ne suis que maman. Ces journées où je m'oublie totalement pour le bien de mon enfant.

Des journées qui nourrissent la mère et qui enferment la femme en cage. Ces journées là, je lâche prise sur mon individualité. Fuck l'individualisme!

La semaine dernière, j'ai eu une longue discussion avec la neuropsychochologue qui suit la Miss en sa "commo. Non seulement elle a répondu patiemment à mes divers questionnements mais en plus elle les a éclairé. Puis elle m'a fait un sérieux discours sur sa confiance en moi qui, sur le coup, m'a subtilement ébranlée.

Elle m'a expliquée comment j'avais un parfait contrôle de la situation présente et comment elle savait que je ne ferais jamais rien qui puisse nuire à mon enfant. Je l'ai remerciée et j'ai continué de réfléchir sur le sujet. Elle avait définitivement mis le doigt sur quelque chose qui continuait de me chicoter les entrailles.

À force d'y penser, j'ai réalisé qu'elle avait juste mis le doigt dans mon propre vide parental. Ce sont mes idéaux et mes volontés qui guident ma parentitude. Mais j'y vais un peu à l'aveuglette, à l'instinct, à contre-exemple. J'imagine que j'ai la chance d'avoir hérité d'un fort instinct maternel. Ou s'est-il juste développé en les absences parentales de mon enfance?

Je ne sais pas d'où il vient mais je ressens bien combien il est là, ancré en moi. En chaque fibre de mon être. Combien il m'habite et me possède. Ces sensations instinctives générent en moi des forces intérieures qui me permettent de garder le cap.

Un jour, l'enfant sera femme et elle pourra, elle-même, me dire ce qu'elle en sait de sa vie à mes côtés. D'ici là, elle profite de son enfance de lac et l'on fait de notre mieux pour la protéger du pire que la vie peut offrir...

Une vidéo publiée par @etolane le

Mère sévère mais complice

Je choisis consciemment de profiter de ces moments complices mère/fille qui jaillissent au fil de ces journées là. J'apprécie ces instants d'harmonie où notre relation se tisse en profondeur. L'on discute beaucoup, de tout. Je réponds à toutes ses questions. Sans tabou.

En ces moments que l'on passe ensemble, je sens se solidifier notre relation. Je ne peux qu'espèrer que cela nous soit un jour utile. Notamment pour l'adolescence!

Comme se révèle utile l'apprentissage acquis des suites de l'accident qui me paralysa à douze ans (et toute cette force acquise au cours de mes différentes épreuves de santé). Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort... #WeAreStrong

Pour finir cette semaine fuyante avec un brin d'inspiration, l'on ira, de grand matin, voir ce qui se passe du coté des matins créatifs. Un concept collectif qui nous fait tripper et qui ne nous déçoit jamais. En fait, je suis même un peu accro aux Matins Créatifs de Québec et, présentement, je suis carrément en manque...

Une habitude de couple mensuelle que l'on a perdu depuis ma tumeur de bras estivale et la commotion cérébrale hivernale de la puce. Cette semaine, nous y retournons après une longue absence et, pour une première fois, Miss Soleil nous y accompagnera!


Une anguille de semaine...

dimanche, juin 12, 2016


Comme plusieurs, j'ai été interpellée par cet article qui roule sa bosse sur les réseaux.

Hybride francophone en eaux québécoises

Je vis depuis bientôt trente ans au Québec et je suis québécoise depuis au moins vingt en mes idées! Canadienne officielle depuis mes vingt ans...

J'ai été montréalaise avant de sentir le Québec me rentrer dans l'âme et le coeur. Au fil du temps, je suis devenue cette hybride francophone plus américaine que française. Plus québécoise que canadienne...

Je suis hybride et j'en ai conscience. J'en retire le meilleur des deux mondes. Même si ma balance intérieure penche plus sérieusement du côté du Québec (et du continent américain) que de l'hexagone.

Le français n'est pas que cette langue que je materne, c'est ma patrie! Le Québec est ma mère adoptive et le Canada son mari. Je suis heureuse d'avoir vécu mon adolescence en leur maison!

Les français de souche ne reconnaissent plus la française que les québécois de souche entendent toujours. Il ne reste de France en moi que des racines lointaines en mon sang.

J'ai fait germer mon futur en une autre terre. Je vis depuis seize ans en ce petit village de lac où l'on a planté nos racines familiales. J'imagine que je vis en quelque sorte le fameux fanstame de "la cabane au Canada". Sauf que je vis au Québec...

Cela fait seize ans que je n'ai pas remis les pieds en France. Le jour où cela arrivera, je sais que je devrais traverser un certain choc culturel et émotionnel.

Alors j'irai me réfugier chez mes amis jurassiens et j'arroserai ces racines qui restent en mon sang. Car avant d'être française, j'étais jurassienne...

Les mystères éthniques de nos ADN

J'ai quitté ma maison, perdue dans les champs d'un petit village du bas Jura, non loin de Dole, pour atterrir avec ma mère, à quatorze ans, au vingtième étage d'une tour d'habitations en plein centre-ville. Concordia et Maisonneuve pour être exact. Ce fut une aventure humaine qui façonna mon adolescence...

Par la suite, je tombe sur cette vidéo qui me rappelle combien j'ai le goût de savoir ce que mon ADN dirait des origines de mon sang...


Un jour, par curiosité, je ferai un test génétique pour savoir quelles sont les ethnicités en mon sang. Avant d'immigrer à Montréal, j'étais juste française. Jurassienne d'origine.

Et puis, à force de vivre à Montréal, et de prendre des taxis où l'on me demandait si j'étais italienne ou espagnole, j'ai commencé par me poser des questions. Conversation typique de taxi en ma vingtaine:

- Hé Salut... Dis moi, tu serais pas espagnole? 
- Nope... 
- Italienne alors? 
- Heu non, je suis d'origine française. 
- Ah oui, t'es sure? 

À vingt-cinq ans, à force de vivre et revivre cette conversation sur le même thème, j'ai fini par en conclure que je n'avais pas la tête d'une française!

Nous sommes tous métissés...

Le Jura fut sous le joug des espagnols au Moyen-Âge, je suis pas mal certaine qu'il y a eu métissage génétique. Un jour, je saurais quelle métisse jurassienne je suis!

En fait, cela pourrait même être un test familial que l'on ferait en un cadre éducatif. Est-ce que quelqu'un s'y connait en test d'ADN?


À noter que mon amie Nadia m'informe que cette vidéo, partagée en ce billet, est une publicité, il faut la prendre avec un grain de sel. Les personnes sont des acteurs. Mais l'idée de fond est là...



Hybride francophone à la recherche de son métissage sanguin...

samedi, juin 11, 2016


Mère morte de rire alors qu'elle demande à l'homme d'être pour la journée le commandant en chef de la police familiale et que la Miss se révolte avec passion. Rébellion féminine en cours.

Retournée par l'idée, Miss Soleil refuse le concept du jour et demande du coup le congé de toutes disciplines parentales. Anarchie du jour, bonjour!

De son côté, l'homme est mort de rire lorsqu'elle me supplie de garder mon poste en place et de la discipliner alors qu'elle pousse les limites sous mon nez. Paraît que je suis la meilleure pour le poste!

Pendant ce temps, l'homme m'explique que c'était en ce contrat invisible que j'ai signé du sang de ma maternité. Ben voyons! Ça devait être écrit en tout petit car j'y ai rien vu passer! Je suis devenue shériff malgré moi!

Évidement quand on a un papa cool et joueur, c'est pas super le fun quand il devient le shériff en ville. Mais ça devient vraiment le fun pour la mère!

Ceci est un test. Aujourd'hui, je ne suis que l'assistante du shériff. Je suis sur appel. Je n'interviens que lorsqu'il a besoin d'aide.  En back up. Sinon, je me la coule douce.

Le shériff, pas super satisfait de son sort, commence sa journée mollo avec l'application d'une heure de jeu libre. À suivre...


Nouveau shériff en ville... #brèvedujour

jeudi, juin 09, 2016

Durant les trois premiers mois de "commo", Miss Soleil a été interdite de toute stimulation cognitive. Pas d'école, pas de télé, pas d'écran, pas de lecture, pas de musique.

Trois mois de cloître qui risquent de rester tatoués en nos cerveaux respectifs. Trois rudes mois...

Trois mois à jouer aux Playmobils et à se reposer sans cesse. Trois mois avec des symptômes régulièrement intenses. Trois mois à protéger mon louveteau blessé.

Trois mois que l'on se rappellera longtemps. Et je passe sur le sujet des tourbillons d'émotions et changements de personnalité. Un roman en soi!

Le mois dernier, on a enfin passé la phase dangereuse de sa "commo". On a pu réécouter de la musique, regarder un peu de télé, reprendre la lecture et l'école à domicile.

En ce cinquième mois, les progrès se précisent. On est pas encore à 50% de récupération mais on s'en rapproche...

Retrouver des repères d'enfance

Avec modération, elle peut reprendre le vélo et la trottinette. Sautiller dans le lac, faire du kayak. Selon les dispositions de sa maîtresse à domicile, elle étudie deux à trois heures par semaine. Petit à petit, elle se retrouve. Elle pète moins de coches et ses migraines semblent plus faciles à gérer.

Elle reste interdite d'école (pas à la maison) et de camps d'été. Elle dort encore beaucoup pour que ses symptômes ne la dépassent pas. C'est une discipline mortelle, selon ses perceptions, à laquelle elle se plie par raison mais sans cœur.

Elle peut recommencer à lire et à écrire. Elle est apte à plus d'activités et à un peu moins d'ennui. Mais que l'ennui fait partie de cette expérience de commotion!

Du coup, elle peut en exploiter tous les bienfaits...

Car elle s'est tant ennuyée ces derniers mois qu'elle a pu revivre le rythme des enfances desquelles on pleure l'extinction.

En ses repos, elle a écouté des dizaines livres audio grâce à cette application gratuite. Ce qui l'éduque. Après Heïdi, qu'elle a écouté en boucle pendant des semaines, elle est passée aux malheurs de Sophie. Elle s'est ensuite tapée toute la collection des livres de la Comtesse de Ségur.

Son top 3 étant: Quel amour d'enfant, Un bon petit diable et Les mémoires d'un âne. Si on lui demande quel est son auteur préféré, par les temps qui courent, elle répondra certainement La comtesse de Ségur!

Du coup, elle a eu un petit trip de faire une vidéo inspirée de ses livres audio avec l'un des livres de sa bibliothèque...


Il est vrai que l'ennui la rend créative et stimule son imagination. Surtout depuis qu'elle a passé la phase dangereuse...

Si elle avait moins mal et tendait moins à la déprime, ce serait presque la belle vie! Comme je lui mentionne: "En fait, tu vis comme les enfants qui partent faire le tour de monde avec leurs parents... sans le tour du monde...". Elle me regarde d'un air perplexe.

Elle a aussi tendance à ne pas trop s'ennuyer seule! Lorsque l'ennui attrape son moral pour en faire de la bouillie, je repars en bataille...

Ennui quand tu nous tiens!

Pour chasser l'ennui, je me fais GO (gentille organisatrice), on cuisine, on jardine, on rame, on papote, on échange, on se lie les idées semaines après semaines. Chaque jour, j'ai pour objectif de la faire sourire et de faire pétiller ses yeux durant quelques instants.

Mon amie Vanou, qui vient luncher avec nous, par ci par là, semble penser que l'on a retrouvé notre symbiose d'antan. De quand elle avait deux/trois ans, qu'elle allait si peu à la garderie et que je bloguais tant! C'est vrai qu'on a retrouvé certaines de nos habitudes d'avant l'école...

En ses ennuis latents, elle a pris un trip de couture, un trip de secrétaire, un trip de caissière. Elle s'est mise à créer des colliers qu'elle vendra au profit d'Enfants Soleil. Elle nous a embauché avec professionnalisme pour sa journée des petits entrepreneurs. Elle a essayé de domestiquer des fourmis et la semaine dernière, elle a adopté deux escargots!

Tandis qu'elle faisait du vélo, elle a sauvé Mollo et Tranquillo d'une mort certaine alors qu'ils essayaient de traverser la piste cyclable. Elle a ensuite recyclé la boite des fourmis en boite à escargots. Logique!


Au bout de deux jours d'adoption, elle a eu l'idée géniale de leur donner une maison. Ce qui a fait son après-midi de pluie!

Et j'avoue que sur ce coup là, je n'ai pu m'empêcher de participer activement à son trip du jour. Je n'ai pas résisté à croquer les escargots dans l'escalier!

Ce qui a eu le don de me remettre dans la tête une vieille toune de Leloup qui me faisait tripper dans ma vingtaine! J'en retrouve un vers d'oreille d'antan. L’occasion de se rappeler la fièvre du Loup?

Hier, elle a décidé de les relâcher dans la nature, elle voulait leur redonner leur liberté. On les a donc libéré et on les a regardé faire un centimètre en cinq minutes avant de passer à autre chose...

Les joies de l'ennui...

mardi, juin 07, 2016


Je blogue depuis maintenant 13 ans. C'est un peu fou quand j'y pense! Mais en fait, j'y pense pas trop. Je me contente juste de bloguer, année après année. Saison de vie après saison de vie, ce blogue est ma maison virtuelle.

Cette année, après toutes sortes de problèmes de santé, je pars à la recherche de mon essence bloguesque. Ce faisant, je réalise combien je carbure à l'émotion.

La vie n'est pas un long fleuve tranquille ni une ligne droite. La vie est pleine de courbes et de tourbillons. En fait, rares sont les lignes droites. La vie est pleine de zones grises.

En cette vague moderne de blogosphère commerciale, je fais de la résistance. Mais si je ne commercialise pas mon blogue, depuis quelques années, j'accepte des partenariats qui me touchent.

J'accepte ces partenariats lorsque le partenaire est sensible à mon écriture et qu'il recherche un contenu original. En ces partenariats, ce qui compte n'est pas tant la monnaie perçue que l'enrichissement intérieur. L'émotion et l'inspiration que j'en retire...

Au temps des balbutiements...

J'ai dernièrement réalisé (après réflexions d'une discussion lancée en un groupe secret de mamans blogueuses) combien ce blogue personnel avait pu m'enrichir humainement. Au fil des années à le nourrir, j'ai fait d'excellentes rencontres et vécu de belles aventures humaines. J'ai aussi publié en différents collectifs de papier plusieurs textes ici brouillonnés...

Ce qui me plait le plus dans la blogosphère, c'est son humanité. C'est ce qui me motive. Ce qui me stimule. Ce n'est pas la popularité ni la prospérité, c'est l'humanité partagée...

En cet état d'esprit, en ce groupe secret de blogueuses actives, j'ai eu l'inspiration d'un élan bloguesque avec hashtag intégré #chaleurhumainenumérique et j'ai subitement eu l'idée d'un petit jeu.

En me laissant leur blogue dans le fil du commentaire de cette fameuse discussion, je m'engageais à aller commenter, de façon pensée, en ces blogues qui se profileraient à mon horizon. Aussi simple et gratuit que cela.


À force de bloguer et d'étudier la blogosphère, je sais que les blogues ne sont que des reflets de nos humanité. Je n'ai aucun préjugé sur comment chacun décide de bloguer. Je crois en la liberté d'être bloguesque.

Blogosphère et richesse humaine

Chaque blogue est un scintillement d'humanité qui s'inscrit en un gigantesque lac d'idées et de pensées. Cela me fascine.

Je crois qu'en tant qu'être humain, je suis capable de trouver quelque chose qui me parle sur chaque blogue partagé en ce fil secret. Aussi différent qu'il soit! En ce défi personnel, je pars en pérégrinations virtuelles...

Sur chaque blogue que je suis, je choisis un texte qui me parle et je commente. Avec ma tête et mon cœur. J'y dépose un zeste de chaleur humaine. Comme dans le temps. Aux premiers temps de la blogosphère francophones. En ses balbutiements.

C'est que, depuis un long moment, je ressens cette subtile impression qu'avec la commercialisation de la blogosphère une certaine humanité se perd. Une certaine chaleur humaine se disperse. Elle va ailleurs. Dans les réseaux sociaux?

Alors que se redessine en mes sens le chemin de mes blogueries,  je médite sur mon sort. Je fais un tour des blogues partagés en cette discussion de groupe secret et l'inspiration se meut en mes pensées. Je commente comme si c'était 2005 et que les réseaux sociaux n'existaient pas. Comme avant. Et cela me rappelle à mes sources virtuelles.

Et cela me donne l'idée d'un billet à suivre...



Évoluer au fil du temps...

Je blogue en ce petit coin de Toile depuis treize ans. À mes débuts de blogue, YouTube n'existait pas. À mes débuts de blogue, les cameras numériques commençaient seulement à apparaître dans le décor.

J'en ai vu passer des modes et des vagues en tout genre. J'ai vu la blogosphère s'élever de ses tunnels souterrains pour aller à la surface du monde. J'ai observé la blogosphère évoluer avec l'émergence des réseaux sociaux.

Avec l'arrivée des réseaux sociaux, la blogosphère a beaucoup changé mais je me rappelle encore de cette époque où les blogues étaient un excellent moyen de communication numérique. À cette époque là, les commentaires étaient le banc social où l'on discutait entre internautes. C’était hyper convivial et humain.

Le mois dernier, ma puce de dix ans a commencé à lire les archives de mon blogue. Un texte sur lequel elle est tombée l'a menée jusqu'aux larmes. Elle me l'a lu. Elle m'a autant émue qu'elle l'était. Je me suis alors rappelée comment en commençant à bloguer j'avais le fantasme qu'un jour "mes enfants" le lise...

J'utilise ma vie comme laboratoire d'écriture et cela en devient une sorte de testament présent pour le futur. Cela m'a rappelée à la source des émotions moteur de ce blogue et j'en avais besoin pour continuer de bloguer. Peut-être une autre décennie?


Je tiens à noter que je ne juge pas ceux qui prennent le chemin de la commercialisation mais que ce n'est pas le mien. Mon chemin est celui de l'humanité qui se partage et de l'écriture qui s'envole vers d'autres yeux.

Treize années à bloguer...

dimanche, juin 05, 2016

Il y a quelques jours, j'ai reçu une invitation de Telus pour aller faire un tour dans les coulisses du téléthon Opération Enfants Soleil. 

Sachant que nos derniers mois ont été passés à chouchouter notre puce commotionnée, c'est une invitation que l'on ne peut pas refuser!

D'autant plus que j'ai toujours voulu en savoir plus sur le fonctionnement de ce téléthon ultra célèbre au Québec...

Mon propre vécu avec différents ennuis médicaux (depuis mon adolescence accidentée), m'a ouvert l'esprit à la réalité de la maladie. Les différents maux de santé qui m'ont suivi au cours des années ont élargit mes horizons humains.

Le traumatisme crânien présent de Miss Soleil me fait passer du coté du patient à celui de parent qui accompagne le patient. C'est une nouvelle expérience dont je me serais bien passée mais qui nous renforce et nous soude.

Le quotidien de sa "commo" me met le cœur à l'envers et m'ouvre encore davantage de perspectives. C'est l'esprit bien ouvert que je suis allée, de bon matin, en direction d'Expo Cité pour expérimenter la matinée des enfants en famille...

Après plusieurs belles journées aux saveurs d'été, ce matin a des tendances pluvieuses. Il fait plutôt frisquet alors que l'on marche rapidement en direction de l'entrée du Pavillon de la Jeunesse.

C'est une journée de schnoutte pour le plein air mais cela se se révèle un temps parfait pour le téléthon! Un temps idéal pour cocooner chez soi en lézardant devant la télé. Ou pour aller faire un tour du coté d'Expocité de grand matin?

L'occasion pour s'ouvrir le coeur et pourquoi pas le portefeuille pour soutenir une cause d'enfance?


On débute notre matinée avec un tour des coulisses qui se révèle un véritable labyrinthe. L'on découvre que chaque région a un enfant ambassadeur qui participe à cette grande célébration de l'enfance courageuse et persévérante.

Déambuler en coulisses

Au hasard de notre entrée, nous effectuons la visite avec la gang du machin club dont nous découvrons l'existence virtuelle en faisant leur réelle connaissance. Professionnelles, ces mini chroniqueuses semblent plus stressées que les routardes que nous sommes en équipe mère/fille.

L'on se rappelle que la Miss a effectué son premier voyage de presse à cinq ans et qu'elle a bien vadrouillé depuis. Pour ses dix ans, son CV tient bien la route. Elle se fait d'ailleurs proposer d’écrire des chroniques pour ce site dont nous ne connaissons pas l'existence (mais que nous explorerons avec plaisir).

Pour l'instant, en sa convalescence de "commo", la Miss a dû arrêter d'écrire ses chroniques mensuelles pour le journal municipal et c'est une épine en ses émotions.

Au détour d'une loge, une mini chroniqueuse du machin club se demande comment reconnaître les "Enfants Soleil" et je sens ma puce se crisper en silence à mes cotés. C'est que dans bien des cas la maladie n'est pas visuelle. Aussi invisible qu'handicapante, elle ne se voit pas toujours du premier coup d’œil.

En papotant avec notre sympathique guide, j'apprends combien les bénévoles d'Enfant Soleil sont une grande famille. Ils se retrouvent chaque année pour appuyer cette cause qui leur tient à cœur. Ils développent même toutes sortes d'amitié en leur bonne action.

Alors que nous parcourons les allées des coulisses de ce téléthon, j'inspire l'atmosphère bienveillante qui se dégage de l’événement. En cet endroit, se retrouve le meilleur de nos humanités. Il peut bien pleuvoir dehors, en dedans d'Expocité, les soleils n'en finissent pas de briller...

J'observe ma puce stimulée par cet environnement. Mon coeur palpite en même temps qu'il compatit avec ceux des parents que je croise et dont je sais combien leur quotidien n'est pas évident. Je sais combien ils sont forts d'être encore debout de d'avancer envers et contre la maladie qui accable leur enfant.

Quand la maladie frappe nos enfants

Dans les derniers mois, nous avons sommes allés chaque semaine à l'IRDPQ. Cet institut de réadaptation spécialisé pour les enfants en déficience physique est un phare dans la tempête où nous a emporté la commotion cérébrale de Miss Soleil.

Il y a plusieurs semaines de cela, alors que nous nous asseyons dans la grande salle d'attente de cet institut. La Miss regarde autour d'elle et vient me chuchoter à l'oreille: "Maman, y'a vraiment beaucoup d'enfants malades dans la vie!". J'acquiesce en silence alors qu'elle s'assoit à mes côtés.

On échange un regard entendu avec son père. Yep, on est bien là. En une matinée de semaine, en cette jolie salle d'attente remplie d'enfants avec multiples problèmes de santé plus ou moins visibles, et une ribambelle de parents et grands-parents pour les accompagner. Nous sommes là, dans la même galère. Mais il est évident que la barque de certains est moins confortable que la nôtre.

À chaque fois que je le constate, je dis merci à la vie que cela ne soit pas pire que cela est. Même si ce fut bien difficile depuis le quatre février dernier et que cela n'est toujours pas simple au quotidien. Il y a pire, il y a toujours pire...

Alors que l'on croise des enfants sérieusement handicapés, l'on ne peut que remettre en perspective la gravité de notre propre expérience. Alors qu'on travaille fort pour l'accompagner en cette épreuve médicale, l'on ne perd pas de vue que cette épreuve de santé enfantine est supposée être temporaire et ne pas lui laisser de séquelles à long terme.


On arrive du coté de la grande scène (filmée en direct) avec le groupe Les P'tites Tounes que Miss Soleil connait pas mal mieux que moi! Voilà même que ses yeux pétillent et je sens s'alléger mon coeur alourdi par des mois de discipline de "commo".

Entre les chansons des musiciens défilent les différentes donations récoltées par la population sensibilisée à la cause.

Cela fait chaud au cœur de voir tous ces gens qui ont pris le temps et la peine d'organiser différentes campagnes de financements, à leur échelle, pour aider à améliorer le quotidien des enfants malades.

Cela me rassure sur le potentiel de nos humanités trop souvent désenchantées par le mal qui ronge le monde. Regarder ces inconnus bienveillants me redonne espoir en ce que nous sommes capable d'accomplir. 

Se laisser porter par la vague...

À coté de moi, je sens le cœur de ma puce être aussi réchauffé par cette vague de générosité dans laquelle nous sommes plongées. 

Au fil des heures qui passent, l'on découvre différentes histoires d'enfance en maladie. Touchées en plein coeur, on ne compte plus les frissons d'émotions qui viennent donner la chair de poule.

Je suis honorée de pouvoir partager tant de vibrations de bonté avec homme et enfant. Émue et honorée d’assister quelques heures à cette grande fête.


J'observe et j'inspire. Je réalise que cet événement se révèle être beaucoup plus qu'une vaste campagne de financement télévisuel...

C'est l'occasion pour tant de petites voix de s'élever et de se faire entendre. C'est l'occasion pour tant de parents de partager leur vécu en toute authenticité. Et c'est aussi l'occasion de célébrer l'enfance malade avec joie et légèreté.

C'est un moment précieux qui valorise le courage et les efforts de ces petits aux prises avec de graves problèmes de santé. Un événement qui leur montre qu'ils ne sont pas seuls, qui leur prouve combien la population les soutient.

En ce téléthon, les Enfants Soleil ne sont plus différents, ils sont pareils les uns des autres. Ce sont juste des enfants qui veulent avoir du fun!

En ce monde parallèle qui les enrobe de douceur et de gentillesse, ils peuvent sortir de chez eux pour s'amuser et s'en mettre plein les oreilles plutôt que de sortir pour un énième rendez-vous médical. C'est surement une bouffée d'air bienvenue en un quotidien pas facile...

Participer à son échelle

Durant cette matinée des enfants, Miss Soleil a pris une grande décision. Évidement, au cours de notre visite, plusieurs auront remarqué la similitude entre son prénom et la cause...


Touchée par l’événement Miss Soleil décide qu'elle donnera une partie des gains qu'elle récoltera lors de sa prochaine journée des petits entrepreneurs.

Avec sa meilleure amie, celle qui l'accompagne en les aléas de sa commotion cérébrale, elle ouvrira pour une autre année notre pâtisserie éphémère. Cette année, la Miss est encore plus motivée. Je n'aurais pourtant pas cru cela possible!

On prépare avec grand sérieux et professionnalisme l'ouverture de notre "Pop Up Pastry Shop" annuel. Et elle m'explique qu'elle partagera une partie de ses profits avec "Enfants Soleil". C'est décidé et c'est ce qu'elle fera!

Juste avant de partir, on croise la famille de la petite Gabrielle. Miss Soleil me le fait remarquer. C'est la petite fille de neuf ans qui ne grandira jamais. Je sens son cœur se serrer et son esprit s'ouvrir. Je lui propose qu'on aille leur parler. Elle fige sur place et s'exclame: "Oh! Non, je suis trop gênée!"

S’intéresser aux vies des autres

Je médite un instant sur ce sentiment. Je pense à toutes les fois où personne n'a voulu me parler de ma santé et ses méandres. Parce-que c'est inconfortable pour l'autre qui se sent si impuissant. Et pendant ce temps, celui qui galère, s'isole. Je pense à toutes ces émotions d'abandon que vit la Miss en commotion. Combien elle ressent maintenant cet isolement provoqué par la maladie. Je me rebelle.

Je lui explique que pour dépasser sa gêne, elle ne doit pas penser à elle mais elle doit plutôt penser à l'autre. Et puis de toute façon, c'est toujours moi qui parle!

Sa main dans la mienne, on s'approche de Gabrielle, enfant Soleil de la Capitale nationale. J'engage facilement la conversation avec sa maman. Souriante et ouverte, elle m'explique que dès sa naissance, les médecins se sont aperçus que quelque chose clochait. Je souris à Gabrielle alors que je discute avec sa maman qui me parle ouvertement et sincèrement des problèmes de son enfant.

Je lui partage mes maigres connaissances sur le sujet. Je me souviens de l'enfant avec la même condition que j'avais vu une fois chez Oprah. Une histoire qu'elle ne connait pas. Je lui demande comment elle arrive à interagir avec elle. Elle m'explique que les moments de connections se passent durant les jeux et les câlins. Je m'agenouille à la hauteur de Gabrielle en sa chaise roulante, je trouve qu'elle a bonne mine et qu'elle semble bien.

Je ne peux m’empêcher de partager cette sensation avec sa maman. Elle me confirme mon impression avec un sourire en m'expliquant que si les gens ne savent pas qu'elle a neuf ans, elle parait comme un bambin en santé. Je quitte cette belle famille en les remerciant et en mentionnant combien je les trouve forts...


On reprend la route en direction de notre lac le cœur enrichit par cette matinée. Alors que les kilomètres défilent et que la voiture nous ramène en notre brousse, je m'étonne du fait que mon homme (diabétique de type 1 depuis ses 15 ans) ait été surpris d'y voir des enfants diabétiques. Dans le fond, il ne se considère pas malade même si diabétique...

Diabétique et vivant

J'ai toujours aimé cette attitude en lui. Quand il est devenu diabétique, il s'est fait la promesse de vivre sa vie malgré tout. Ce qu'il fait et ce que j'admire. Lui aussi est fort. Il a un bon emploi à l'Université Laval, il est père et époux. Il est pareil que les autres qui ne sont pas diabétiques...

Mais ce que les autres ne savent pas c'est combien son diabète peut lui faire la vie dure. Certains mois, certaines années sont pas mal plus rudes que d'autres. Le diabète est un animal sauvage qu'il lui faut sans cesse réapprivoiser. Tant et si bien qu'il vient justement d'accepter de participer à une rigoureuse étude de neuf mois, en collaboration avec le département de diabétologie de l’hôpital Laval à Québec.

En cette étude, il sera encadré et surveillé de près par une équipe médicale qui lui fera expérimenter l'insuline du futur. Ce qui l'effraie et le stimule à la fois. En cette étude, le diabète qui s'amuse de lui par les mois qui courent ne devrait plus pouvoir rigoler longtemps...

De retour à la maison avec le début d'aprés midi, Miss Soleil, brûlée par cette riche matinée se couche sans même résister. La pluie se met à tomber comme si c'était la mousson! Tant mieux pour le téléthon!

Juan, en bataille diabétique tombe lui aussi. Et alors que je contrôle la douleur neuropathique qui se meut en ma moitié de visage endommagé, je sens mon cœur chaud et battant. Je souris même si ça fait mal.


Merci à Telus pour son invitation à inspirer cette excellente matinée! À noter qu'Opération Enfant Soleil est un organisme à but non lucratif qui amasse des fonds afin de soutenir le développement d’une pédiatrie de qualité et contribuer à la réalisation de projets d’intervention sociale pour tous les enfants du Québec.

Télus appuie Opération Enfant Soleil depuis 1998"Cette année entre le 14 mai et le 12 juin, TELUS tient la 11e édition des Journées du bénévolat. Près de 20 000 membres de l’équipe actuels et retraités ainsi que leurs proches et des clients participent à plus de 1 000 activités de bénévolat partout au pays et à l’échelle internationale. 

Depuis la création de cette initiative en 2006, les Journées du bénévolat de TELUS ont mobilisé plus de 112 000 participants qui ont pris part à 3 150 activités où nos membres de l’équipe vivent et travaillent. Pour l’occasion, TELUS a lancé ce que nous appelons #VagueDeGénérosité. Nous croyons que chaque bonne action, petite ou grande, en inspire une autre."

Par un dimanche pluvieux, voir briller des soleils et attraper un arc-en-ciel en plein coeur!

mardi, mai 31, 2016


Seule sur le lac, je me fonds avec les vents et les courants. C'est à chaque fois une nouvelle sensation à inspirer. Le lac, aussi immuable qu'il soit, n'est jamais tout à fait pareil.,,

Le temps dicte ses humeurs. Il peut se faire féroce et violent ou doux comme de la soie. Niché entre ses collines boisées, il traverse les saisons... intemporel.

Témoin de tant de générations humaines qui défilent en sa surface... qui le respectent ou qui l'exploitent et s'en amusent?


Hier soir, j'ai eu le délice de naviguer sur une surface lisse comme un miroir limpide. Le lac paisible reflétait nuages et paysages.

Avec gratitude, j'ai inspiré la solitude de l'instant. Reconnaissante du moment présent. Tout simplement. J'ai fermé les yeux. J'ai écouté les oiseaux gazouiller dans la forêt qui entoure ce lac qui m'habite. Je me suis laissée dériver. Je me suis laissée flotter dans le silence bruyant de la nature qui célèbre la fin d'un autre jour.

Lorsque j'ai ouvert les yeux, les nuages laissaient transpercer le soleil doré de sommeil. La saveur du temps avait ce petit gout de paradis qui en fait rêver tant.

Glisser sur le lac comme un sioux, un montagnais ou un huron? 

S'appliquer à faire le moins de bruit possible lorsque les rames poussent l'eau qui dirige mon kayak pas mal plus moderne que les canots d'écorces d'antan.

Ce kayak bleu, trouvé à petit prix sur Kijiji, est si loin des amérindiens qui ont si longtemps vécu en cette contrée. Pourtant, alors que je glisse sur le lac, ils me semblent si proches...


Il fut un temps, désormais lointain, où ce lac avait un nom amérindien. Prononcé par les tribus nomades, aujourd'hui disparues, qui en peuplaient régulièrement les rives. Générations après générations. Leur mode de vie s'est éteint mais le souvenir revient à celui qui s'en souvient.

Glisser en silence sur l'eau. Doucement. Envoyer une pensée respectueuse à ces ancêtres qui ne sont plus. Me fondre dans la nature qui se prépare à l'obscurité. Avec le soleil qui se couche, l'heure bleue prend possession du jour qui devient nuit.

Je commence à me résoudre à ramer en direction des maisons. Un autre jour, où le lac sera aussi lisse, je laisserai la nuit me tomber dessus. Mais pas ce soir. Ce soir, je rentre sagement au bercail.

Dans le ciel qui s'assombrit, un nuage fait de la résistance. Il reflète le soleil disparu derrière les vertes collines. J'inspire la douceur de l'heure qui bleuit l’atmosphère claire. Même le moustique qui me pique n'arrive pas à casser la magie du moment.


Reconnaissante de cette sérénité qui s'imprègne en mes veines, je me rapproche de la terre ferme. Je capture l'un de ces moments où l'on aimerait tant trouver le fameux "piton" qui ralentit le temps. Et appuyer fermement dessus!

Mais le temps ne s’arrête pas, il se savoure. Je savoure donc chaque seconde qui passe comme si c'était le meilleur des desserts jamais dégustés.

L'heure bleue se dissipe dans la nuit qui s'approche. Bien lentement je reviens à la rive. Je ramène avec moi un morceau de paix universelle et de calme mental. Je ramène avec moi une bouffée d'air pur qui me ressource de l'intérieur.


Les couleurs du soir s'apaisent dans le crépuscule qui m'enrobe les idées allégées. Je rame silencieusement en direction des maisons éclairés par quelques rayons de soleil qui se faufilent à l'horizon.

Je me laisse dériver, une dernière fois, avant de me résoudre à retrouver le sable sous mes pieds. Avant de rentrer, j'inspire profondément le jour qui se fond dans la nuit.


Ce coin de nature qui fait la texture de notre histoire familiale me fait tant de bien. Il participe à mon équilibre personnel.

Je le remercie mentalement de ses bontés limpides. Je reprends le chemin de ma petite maison, lovée au coin de la forêt où gazouillent les oiseaux...


Balade sur l'eau à l'heure bleue...

lundi, mai 30, 2016

Depuis des mois, j'ai le coeur à l'envers de voir la puce pleurer et sangloter ses souffrances de "commo". Mon coeur saigne de la voir ainsi souffrir.

J'ai le coeur à l'envers de réaliser qu'elle a plus pleuré en ces quatre derniers mois qu'en ses dix ans de vie.

Elle souffre physiquement et psychologiquement de son état présent. Elle prend une forte médication. Chaque jour possède son lot d'épreuves avec cette blessure qui nuit à son quotidien. Ainsi j'ai mis ma vie en pause avec la sienne.

L'invisibilité de sa blessure la met en une position difficile. Elle vit des émotions que je trouve bien dures pour ces dix ans.

Des émotions qui lui charcutent l'innocence. Des émotions qui me transpercent de l'intérieur. Je savais que je ne pourrais pas toujours la protéger mais je ne m'attendais pas à tant si tôt. Je ne peux qu'espérer l'accompagner adéquatement afin de l'aider à traverser au mieux cette épreuve en sa vie.

Chaque jour, je fais de mon mieux pour la consoler, l'encourager, la stimuler, la distraire, la réconforter. L'épreuve est familiale...

Une épreuve que j'ai pu accepter grâce à mon expérience personnelle mais qui est beaucoup plus difficile à accepter pour son père qui a le cœur tout aussi a l'envers que moi.

Miss Soleil récupère à pas d'escargot. Elle qui est habituée à vivre à la vitesse d'un lièvre se morfond de sa situation. Sa vie est en pause. Ses repères d'enfance ne sont plus. Tout s'est arrêtée pour elle le quatre février dernier.

Même si elle n'a rien perdu de ses capacités cérébrales ou physiques, elle a tant perdu de son endurance et de sa force qu'elle ne peut plus les exploiter. Elle ne se sent plus elle-même et cela nous brise le coeur quand elle nous l'explique.

Elle doit apprivoiser chaque nouvelle activité que son équipe médicale lui permet avec discipline et limitations. Les bleus de son cerveau bleuissent ses jours et l'on se plie en huit pour les colorer de rose.

Suivi de "commo"

Le 10 mai dernier s'est déroulée notre rencontre mensuelle avec toute l'équipe médicale en charge du dossier de la Miss à l'IRDPQ. On se retrouve devant un panel d'experts qui nous examine pour plus d'une heure de discussion.

L'on commence à bien en connaitre certains, comme la travailleuse sociale qui s' est remise de l'expérience où j'ai pissé le sang dans son bureau et suis repartie en ambulance. Ou la neuropsycho qui voit la Miss quasiment toutes les semaines depuis des mois.

La docteure que l'on voit moins souvent m'inspire confiance. Elle a le regard franc. Elle s'adresse à l'enfant comme à un être intelligent.

Elle commence par faire parler la puce. Articulée, Miss Soleil explique clairement où elle en est dans ses symptômes.

Ensuite la mère (qui passe tout son temps avec l'enfant) articule ses pensées réfléchies sur le sujet. Le père ajoute au besoin. L'on se sent en confiance.

Cela fait du bien de se sentir écouté et considéré. L'on ne sait pas comment on y arriverait sans eux pour nous épauler.

Les dangers de la cour d'école

Le quatre février dernier, un garçon reconnu pour sa violence dans la cour d'école a violemment percuté la Miss. Il l'a plaquée contre un poteau de fer congelé. Elle a dû lui dire qu'elle n'arrivait plus à respirer pour qu'il se dégage.

Le coup a été assez puissant pour bien faire dérailler ses jours. L'on a maintenant arrêté de compter les semaines. L'on compte maintenant les mois. Et l'on prie pour une récupération complète.

Ceci a entraîné toute une saga avec l'école entre la maîtresse incompétente, la directrice compétente et la mère mécontente.

La maîtresse, par son incompréhension (et stupidité), a contribué à aggraver les symptômes de la puce lors de l'essai de retour progressif dix jours après le coup initial.

Non seulement elle n'en a pris aucune responsabilité ni nouvelle mais elle a eu le culot de me raccrocher au nez lorsque je lui ai mentionné d'un ton raide que je lui avais confié mon enfant et que je n'étais pas du tout satisfaite du résultat.

Les parents du garçon responsable ne sont jamais manifestés. La directrice qui ne peut punir rétro-actif a laissé passé l'affaire sous silence...

La directrice a dû enquêter plusieurs jours afin d'avoir la vérité sur ce qui s'était passé, le garçon qui a fini par se confesser n'en a retiré aucune conséquence ni apprentissage pertinent. Ce qui ronge terriblement Miss Soleil aux prises avec un sérieux sentiment d'injustice.

Durant cette rencontre de groupe, les différents experts donnent leurs points de vue sur le sujet. Bilan de l'opération: l'équipe médicale est contente des progrès de la puce mais ne peut pas faire de promesses quant à la durée totale de la récupération. Il faut continuer le protocole de repos pour encore pour plusieurs semaines/mois.

La bonne nouvelle c'est que la Miss a enfin passé la phase dangereuse. En continuant nos efforts et nos disciplines quotidiennes, cela ne peut que continuer à mieux aller.

Si l'on imagine une pile d'énergie et que 10 était où elle se situait avant son coup sur la tête, elle est maintenant rendue à 3/4.

La mauvaise nouvelle, c'est qu'on est toujours pas sorti du bois. Ce que la puce a le plus perdu c'est son endurance...

Repos et ultra patience

En ces derniers mois à accompagner ma puce maganée, j'ai eu le temps d’approfondir mes connaissances en ce qui concerne sa commotion.

Comme j'en connais un bon rayon sur les traumatismes crâniens, on peut dire que j'étais outillée pour une telle expérience. J'ai pu me battre pour son bien et ne pas lâcher le morceau jusqu'à ce que je sois rassurée sur le fait que l'on était plus seuls à s'en préoccuper.

Je suis outrée du comportement immature de la maîtresse et reconnaissante du comportement adéquat de la directrice. Nous sommes soulagés de la maîtresse suppléante qui se révèle une crème. Elle redonne confiance en l'école à la miss pas mal traumatisée par le tout.

En recommençant à stimuler le cognitif avec l'école à la maison, elle doit se reposer beaucoup. Il lui faut un minimum de deux heures de sieste par jour pour avoir une journée "confortable". Parfois trois heures, les jours où vient la maîtresse. Et elle ne travaille que 40 minutes sur l'heure. On est pas rendu à une journée d'école complète sans crash!

Sans médication et discipline de "commo" on perd facilement le contrôle de ses migraines et là c'est vraiment pas beau. Elle veut d'ailleurs que j'écrive un texte qui témoigne de combien elle a souffert au cours des derniers mois mais je n'en ai pas encore eu la force.

Parents en action

Le docteur nous dit qu'on ne peut faire mieux que ce que l'on fait pour l'encadrer et la soutenir.

L'autre problème à surveiller est la dépression.

Ce n'est pas pour rien que j'ai l'impression de me transformer en coach de vie depuis des semaines (ou en GO selon les jours).

Ce n'est pas pour rien que l'homme est en train de grignoter ses congés pour rester avec nous, un ou deux jours par semaine. On bataille la maudite dépression qui rôde en ses pensées enfantines. On se soude pour mieux lutter. Les émotions de dépression qu'elle ressent engendrent de terribles sensations pour les parents que nous sommes.

L'inactivité la mine. Elle n'a jamais été aussi molle en son corps. Pour la première fois de sa vie, elle se dé-muscle et se sent mal dans son corps. Elle a perdu tous les repères de sa vie d'enfant de dix ans. Elle a continuellement mal à la tête. Un mal qui monte graduellement si l'on y prend pas garde!

Elle est hantée par le sentiment d'injustice vis à vis des conséquences qu'elle vit alors que ceux qui sont responsables de son état n'en ont aucune. Ses humeurs et son moral n'ont jamais eu tant de peine à ne pas tanguer, à ne pas sombrer. On en a conscience, on sait aussi combien cela l'aide quand on est tous les deux là, à s'en occuper.

Son état présent demande beaucoup d'attention. Beaucoup d'attention, de patience, de présence, de tendresse, de raison et de discipline de repos. On a encore l'espoir qu'elle puisse rentrer à temps plein en septembre à l'école même s'il reste la possibilité qu'elle n'y retourne qu'à mi-temps pour commencer.

Ce que l'on entend des dires de l'équipe, c'est qu'en continuant comme l'on fait, l'on peut espérer une récupération complète qui ne mettra pas son futur en jeu. Alors on lâche pas, on s'accroche! On se soude et on affronte...

Être bien encadrés allège un peu le poids de l'épreuve

Chaque semaine, à l'IRDPQ, Miss Soleil rencontre Lynda, sa neuropsycho qui l'évalue et la guide en ses méandres de "commo". Cela l'aide et l'encadre beaucoup. Elle lui donne plusieurs outils pour mieux gérer ses migraines et ses émotions perturbées.

Pendant ce temps, nous discutons avec Louise, qui a pour mandat de nous aider en l'adaptation parentale de la chose. Cela nous fait un bien fou. Ensuite Louise et Lynda se rencontrent pour parler de nos cas. Régulièrement toute l'équipe se rencontre pour discuter de ce dossier que nous sommes.

Plus ça dure et plus c'est dur à avaler pour son père. Plus ça dure et plus c'est dur pour la puce de contrôler ses humeurs noires. Plus ça dure et plus j'accepte ce qui est.


En ma vie qui s'allonge, j'ai appris à accepter ce que je ne peux changer. Je ne peux pas changer l'état de sa commotion cérébrale/traumatisme crânien  mais je peux participer à sa récupération de façon constructive. Ce à quoi je m'applique. Jour après jour. Semaine après semaine. Mois après mois.

Si les docteurs me répètent que c'est une question de patience et que son avenir n'est pas en péril, je choisis de les croire. D'avoir la foi. De la cultiver et la nourrir. Son présent est en pause et la responsabilité que je ressens présentement est immense. Intense. Éprouvante.

Rendu au cinquième mois de l'histoire arrive, selon moi, la phase de l'endurance. Il faut continuer d'endurer et de ne pas lâcher. Garder le cap en vue. Alors, l'IRDPQ devient une sorte de phare qui luit dans la tempête...


L'enfance en commotion...