mardi, octobre 17, 2017



En France,  Cantat à la une des Inrocks fait grand désordre. Tant que les femmes rugissent sur les réseaux sociaux avec  #balancetonporc. Un hashtag cru qui dénonce ces hommes malfamés qui harcèlent sans pitié.

À Hollywood, le scandale Weinstein fait réagir les femmes avec le hashtag #Metoo. Au Québec, c'est #moiaussi qui libère les paroles des femmes tannées de se faire harceler. Je me joins à l'effort solidaire en partageant quelques bribes de vécu.

Heureuse je suis que s'unissent les femmes du monde moderne. Heureuse je suis qu'enfin réagissent les femmes bafouées depuis des millénaires. Il est temps de remettre quelques pendules masculines à l'heure du jour!

Le pouvoir des mots, la force de la vérité...

Espérons que ceci n'est pas juste une autre de ces tendances passagères qui fait feu de paille numérique... avant de disparaître dans le néant de nos consciences collectives.

Il reste cependant une nuance entre l'agression et le harcèlement sexuel. Même si tout harcèlement agresse. J'ai vécu plusieurs expériences d'harcèlement mais je n'ai jamais été agressée.

Cependant, en 44 ans d'existence féminine, j'ai vécu assez de mauvaises expériences pour savoir ce qu'il en est d'être sexuellement harcelée. Assez pour comprendre que les sources de ces harcèlements sexuels sont la domination et le pouvoir.

J'ai aussi connu certaines femmes, pour qui c'était normal. Et qui m'ont incitée à en accepter la chose sans broncher. Ce qui n'est jamais arrivé. Jamais je n'ai pu accepter la domination masculine.

Avoir 20 ans et buller 
au soleil des Laurentides
Je vais te prendre comme une chienne!

#moiaussi comme toutes les filles de ce monde.

En différentes occasions, de moins en moins souvent en vieillissant.

Aujourd'hui, je pense que c'est impossible, car la mère est rendue trop féroce.

Jeune, fraîche comme une rose qui vient d'éclore, c'est en marchant dans la rue que j'ai pu entendre toutes sortes d'obscénités.

J'ai pu entendre les horreurs que certains hommes auraient aimé me faire vivre. J'en ai appris à cultiver l'indifférence et le pas rapide.

Le dégout ressenti en ces moments là a toujours été plus fort que la peur. D'autant plus que ceux-là se nourrissent de la peur qu'ils inspirent. Avoir peur, c'est les stimuler.

Harcelée derrière les portes closes...

Par exemple, j'ai eu un beau-père qui s'amusait à me pogner les seins pour me prouver son pouvoir sur ma vie. Il a fini par quitter ma mère pour cause d'homosexualité.

Son harcèlement sexuel n'était même pas sexuel. Mais l'est-il jamais vraiment dans le fond? N'est-ce pas plutôt une question de pouvoir mâle? Une manière de dénigrer les femmes, de les rendre inférieures, de les écraser pour mieux les dominer?

Parfois c'est sexuel. D'autres fois, c'est juste la soif du pouvoir sur autrui. Ou encore les deux mélangés... #metoo

Comme c'était mon beau-père et que ma mère en acceptait les abus, j'étais démunie. Il pouvait me claquer les fesses selon ses humeurs ou carrément me pogner un sein (ou même les deux) et squeezer. À volonté. Parfois jusqu'à ce que j'en hurle. Soi disant pour rire. Même si je n'en riais jamais. J'en hurlais souvent. Mais cela faisait rire ma mère.

À l'intime, ma mère a développé un malin plaisir à me voir souffrir. À me voir dénigrée ou rabaissée. Avec toujours un petit discours de circonstance afin de bien m'expliquer comment je le méritais. Sa jalousie envers moi a été plus forte que son instinct maternel. Avec elle, j'ai tout appris par contre exemple.

J'avais 15/16 ans quand ce beau-père me tripotait en toute liberté. C'était sa façon de me rabaisser et de me remettre à "ma place". Sous sa coupe masculine. Jusqu'à ce que je lui dise d'arrêter à moins de le frapper en retour (vers 18/20 ans). #balancetonporc

Assouvir les fantasmes du mâle de service?

Que dire lorsque, vers 22 ans, le père de deux de mes élèves de cours privés de français m'a demandé de ne plus mettre de petite culotte durant mes cours (en me proposant de me payer plus cher de l'heure pour son fantasme) puis d'essayer de m'enroler en des contrats de bruitages de films pornographiques?

De me demander de feinter la jouissance tandis qu'il essayait de me persuader de capituler en montant ses prix. Bien consciente de ses manipulations masculines, résister fut simple. Ma mère, ensuite, de m'expliquer combien j'étais bêtasse de refuser une telle offre! Une décision que je n'ai pourtant jamais regrettée.

Le plus ironique étant que je faisais parfois mes cours privés en mode commando, ni vu ni connu, par liberté personnelle. Tout comme j'aimais me promener nue en forêt, suivie à la trace par mes deux chats.

Avec lui cependant, j'étais certaine d'être toujours culottée et strictement habillée. Car ses regards cochons m'irritaient profondément. J'ai eu bien de la peine pour ses gamins et pour leur mère.

Hier, en attendant le chiro
qui me redresse le dos
Je ne connais, aucune mère, à part la mienne, qui engueule sa fille parce-qu'elle refuse d'entrer dans l'univers du porno. J'ai refusé et il n'a plus jamais amené ses enfants à mes cours.

Non seulement j'avais raté l'occasion de faire de l'argent facile mais en plus j'avais perdu un client!

Ma mère m'en a fait la leçon, à maintes reprises. Trop prude à son goût j'étais. Jusqu'à ce que je finisse par couper tout pont avec elle.

Les jeunes filles comme proies...

Au tout début de l'adolescence, en France, à maintes reprises, je me suis fait suivre dans la rue. Sans même que ceux qui me suivent ne s'en cachent.

Tout en me faisant dire toutes sortes d'obscénités. En tant que jeune fille, c'était une norme sociale avec laquelle il fallait apprendre à vivre. Une norme qui hérissait tous les poils de mon corps.

Arrivée à Montréal, à 14 ans bien tassé, je me suis fait suivre quelques fois aussi (au fil des années). Mais c'était du pipi de chat par rapport à ce que j'avais connu en France. J'en fus si soulagée. Il en découlait un nouveau sentiment de sécurité que j'appréciais.

Rendue à mon âge vénérable, plus personne n'oserait s'y frotter. Car qui s'y frotte s'y pique!

Mais j'ai conscience de devoir maintenant préparer ma fille à ne jamais accepter l'irrespect de son sexe. À ne jamais avoir peur des hommes. Car nous ne sommes pas un "sexe faible", nous sommes des femmes fortes qui méritent le respect!

#Moiaussi libère les paroles féminines...

lundi, octobre 16, 2017

Faire évoluer une tradition estivale familiale/Pater Flight 201
Douze jours après ma dernière chirurgie, physiquement, chaque jour est un peu moins pire que le précèdent. Dieu merci.

Chaque jour, je cultive l'espoir au lieu de la peur. Comme un mantra intérieur. Et je persévère. Chaque jour, je me donne de ces petits défis pour étirer mes limites et juger de mes endurances. Tout en faisant preuve de sagesse et de raison.

Et, je travaille à ne pas en dénigrer les limitations d'existence. Aussi frustrantes soient-elles à mes sens. Il m'aura fallu sept jours de convalescence d'hystérectomie pour arriver à me traîner à la plage. Si proche et si loin.

Inspirer les dernières bribes de chaleur estivale qui s'attardent. Mettre les pieds dans l'eau de plus en plus fraîche. Humer l'air du temps...

Et puis, dans le soleil couchant, avoir l'idée subite d'une photo d'eux deux. De ces idées qui captent l'inspiration de l'instant présent.

Une idée folle que concrétisent mes acrobates, pour mon plus grand plaisir. Avec cette facilité physique qui, toujours, me déconcerte un peu. Tandis qu'une petite voix me chuchote: "Tel père, telle fille!"

Envoler l'enfance

Les habitués de ce blogue antique se rappeleront de notre tradition estivale de lancer d'enfance. Une décennie durant, chaque été, jouer le même jeu d'eau que je croque, sur le vif, avec mon objectif du moment.

Cette année, Miss Soleil a atteint la limite physique de son père pour cet exercice qui envole l'enfance. Un exercice d'antan devenu tradition familiale.

Aussi, j'étais vraiment contente d'accrocher cette idée folle et d'avoir assez d'énergie pour l'exprimer. Car c'est le premier été, où je n'ai pas, en mes archives numériques, un envol d'enfance.

Trouver une nouvelle idée pour poursuivre cette tradition malgré l'enfance, en processus d'adolescence, me fait du bien à l'âme. Ceci aussi aide à cultiver l'espoir en mon coeur.

Il s'inscrit en cette continuation familiale dont je fais partie intégrante. Car tant que je garde ma tête, je garde ma place au sein de ma famille, même lorsque mon corps me trahit et réduit mon être à l'ombre de ce que je fus.

Vrac de Pater Flight au fil du temps qui la grandit

J+12... gestation de renaissance?


Quand le corps se fait traître, vivre devient un combat invisible qui se déroule en arrière de la scène active. L'on entre alors en une réalité parallèle à la norme "bien-portante".

Quand le corps se fait traître, il ne suffit pas d'être résilient, il est aussi nécessaire de s'adapter à cette nouvelle réalité.

Quand le corps se fait traître, garder sa tête est vital. Refuser de me plaindre aide ma tête à ne pas lâcher...

Prendre le controle de sa cervelle empêche l'escalade de pensées négatives qui se révèlent nocives à l'esprit. Ceci permet de gérer le désespoir pour mieux cultiver l'espoir en son coeur.

Cela m'apprend que l'on possède tous le pouvoir de gérer ses pensées. Et par conséquent, ses émotions. Gérer ses pensées est d'ailleurs bénéfique à tout être humain, pas juste à ceux qui souffrent en des réalités parallèles.

J'apprends à ma fille ces notions abstraites de gérer et de contrôler ses pensées. Pour mieux maîtriser le cours de ses émotions.

Espérant ainsi lui donner quelques outils qui l'aideront à mieux être en grandissant. Espérant ainsi que ces leçons, apprises à la dure depuis ma naissance, lui permettent, à long terme, d'adoucir sa vie.


Être son propre maître...

jeudi, octobre 12, 2017


Hier, j'ai enfin eu assez de forces pour sortir de ma chambre et aller, avec lui, faire quelques pas sur le sable. Avec efforts et volontés. Pour le bien de mon âme.

Hier, J+7, plus capable d'être enfermée entre quatre murs. Forcer la chair fatiguée. En voiture, il m'emmène au lac. Si proche et si loin. Pour que j'inspire ce paysage qui me détend tant. Avec chignon et frisottis aux quatre vents...

Marcher cinq minutes sur la plage. En sept jours sans utérus, les couleurs ont bien tourné. L'automne bat son plein. Attristée. Inspirer. Expirer. Respirer. Les odeurs d'automne me glissent dans les narines qui frétillent. J'inspire. J'expire. Je respire. L'on accorde nos pas sur la sable mouillé.

L'automne rafraichit l'air du temps, que je croque en quelques images numériques. J'inspire. J'expire. Je respire. À grandes bouffées. À plein poumons. Mon endurance est minime. Trente minutes plus tard, de retour au cloître, je suis brûlée... à payer le prix demandé par mon corps fraîchement mutilé.

La bonne nouvelle étant que ma convalescence d'hystérectomie se déroule correctement. Chaque jour est un peu moins pire que le précédent. Ceci rassure mon homme en grand souci.

Chaque jour reste difficile à vivre. En l'adversité, je choisis de garder la tête froide (et haute). En chignon et frisottis. Chaque jour est un défi pour revenir au monde. Pour retrouver un zeste de confiance, envers ce monde humain, qui m'a bien déçue (par ces temps modernes qui courent après l'ego superficiel).

Utiliser tous les outils en mon invisible sac de gestion pour avancer. Pour espérer. Pour supporter les douleurs vives et les émotions étranges qui accompagnent cette opération/mutilation.

La convalescence est une dimension existentielle entre deux états physiques. Inspirer. Expirer. Respirer. Inlassablement. Une semaine de passée. À subir et souffrir. Sans pouvoir aspirer la vie en les jours qui passent.

Accrocher des bribes de moments présents. Bribes d'instants passés avec eux deux, accents de nature en couleurs et, toujours, persévèrer. Jour après jour. En coin de lac.


Une semaine plus tard...

mardi, octobre 10, 2017

Ces deux dernières années, la dégradation de ma santé nous a propulsé en une situation financière très précaire.

Que vaut une vie humaine en 2017 au Québec?

Quelle est la valeur de ma vie?

Vivre au Canada avec les même défis médicaux que nos voisins américains, c'est devoir se demander combien vaut sa vie...

Sachant que l'on arrive au bout de nos ressources financières et de nos limites d'endettement, la question se pose. Sérieusement.

L'homme, très angoissé par mes ennuis de santé, pense à lancer une levée de fonds pour essayer de sauver ma peau. Pour avoir une chance de continuer de me soigner. Il est même prêt à en faire un marathon.

Sans son support financier, il est vrai que je n'aurais sûrement pas tenu cette dernière année. C'est une réalité. Aussi réelle que troublante. Affaiblie par les épreuves en mon corps, c'est ma réalité présentement.

Dois-je accepter de ruiner mon mari pour rester en vie? Sachant que présentement je vaux plus cher morte que vivante. En ce monde tant axé sur l'argent et la popularité, que vaut ma peau?

Lorsque l'on en arrive à se demander, le plus sérieusement du monde, quel est le prix de ta vie, les détails du quotidien, dont tant se plaignent, sont remis bien en perspective.

Que vaut ma peau?

samedi, octobre 07, 2017

Trois jours en trois minutes vidéo. Trois minutes vidéo pour exorciser trois jours de bataille plutôt infernale.

Horrible expérience en soi. Brutal réveil. Violentes douleurs qui ravagent l'être en son entier. Hurler et prier entre deux assauts de sciage de ventre.

En profiter pour découvrir une nouvelle résistance à la morphine. De quoi bien souffrir pour pas un rond. Supplier qu'on m'assome tant c'est violent et brutal.

Ne pas aimer l'hôpital, deux jours sont assez pour rassurer les docteurs et me laisser repartir. Je suis sauve. Je marchouille quelques pas en serrant des dents.

Dieu merci pour mon mari qui se fait infirmier suppléant. Sans lui, j'aurais uriné en mon lit tout en moissisant en mon vomi. Les infirmières étant trop débordées pour gérer mon horrible retour de bloc. Je dois déjà être bienheureuse d'être en chambre.

Bien que, vu mon état lamentable, me retrouver en un couloir aurait causé bien des peurs aux passants! Je suis comme une lionne blessée, difficilement soulagée. Prête à rugir...

Côté anti-douleurs, je peux prendre des doses de cheval comme si c'était du pipi de chat! Et, quoi qu'en pense le doc de service, je finis toujours aux injections de Dilaudid. Évidement, je dois souffrir le martyr avant que celui là ne réalise ma différence.

En 2017, l'empathie est une denrée bien rare. Même à l'hôpital. Ne pas supporter le non respect de la douleur. Même en enfer, je garde ma tête assez froide pour rester droite. Et quiconque me manque de respect se fera ramasser en chemin.

Rentrer au bercail et souffrir tranquille. Accompagnée par mes deux chats, une puce épanouie, une amie cool et un mari qui tient le choc. De retour au bercail, alors que les douleurs physiques se gèrent, tant bien que mal, l'impact psychologique de cette chirurgie frappe en plein coeur. Et cela fait très mal. En assumer les émotions tristes en d'invisibles larmes.

Travailler la gratitude d'être sauve, accepter les douleurs qui en découlent. Se concentrer à les surmonter, au fil des jours à passer, pour remonter cette autre pente dégringolée en plusieurs coups de bistouri. Hystérectomie tu m'as eue!

Se concentrer, un jour à la fois, à remonter. Mais remonter où? À la surface des choses. À la surface du quotidien? Là où évolue la masse humaine? Hum...


Passer au travers...

mardi, octobre 03, 2017

Je ne connais plus vraiment la peur pour ma propre peau.

Durant ces dernières années, j'ai utilisé la douleur physique pour éradiquer la majorité de mes peurs intérieures. Il ne me reste plus que celles de perdre ceux que j'aime.

Aujourd'hui, mon homme est ultra angoissé à l'idée de demain. Il m'explique qu'il a appelé l'hôpital, de bon matin, trop inquiet.

Il craint que je sois encore trop faible pour passer au travers une telle chirurgie. Il veut en repousser la date d'un mois. Afin de me donner plus de chance d'aller mieux avant d'aller mal.

Je ne connais plus vraiment la peur. J'ai tant de maux de physiques à tolérer au quotidien, les peurs en sont inutiles. Je sais que mon utérus va bien mal là au milieu. Mais je sais aussi que ma "non peur" de la douleur a participé à ce que la physio me blesse. Gravement. J'apprends de cette leçon. En tenant compte des craintes de celui qui tient le plus à moi.

On attend donc l'appel de l'hôpital. L'infirmière rappelle avant midi. Elle a discuté de mon cas avec le chirurgien. Elle lui remet en perspective l'urgence de ma situation présente. J'ai déjà eu un bonus d'un mois. Sachant que j'aurais dû être opérée fin août. Plus de possibilité d'en étirer le répit.


Alors que mon homme angoisse, je lui explique mes chemins de pensées du jour. Ceux que je suivrai, heure après heure, afin de contrôler mes propres angoisses sur le sujet.

Plutôt que de réfléchir à la malchance de ma situation présente, je décide de penser à la chance que j'ai de pouvoir être opérée gratuitement. Car le coût d'une telle opération nous ferait  certainement perdre la maison!

Il parait qu'aux États-Unis, les factures médicales sont la principale cause de pourquoi des familles perdent leur maison. Nous dépensons déjà de petites fortunes pour me tenir en vie mais là, ce serait notre fin!

De plus, il parait que le chirurgien, en charge de mon cas, possède une très bonne réputation. Son expérience en ce qui concerne les utérus malades est reconnue. C'est toujours rassurant de le savoir.

Sans oublier que si je vivais en un village de brousse africain (ou autre coin de tiers-monde), j'aurais bien peu de chance d'avoir accès à une telle chirurgie. Combien d'enfants sur Terre sont ainsi orphelins de mère?

Ce qui me remet en tête combien de femmes sont aux prises avec un utérus meurtrier. Tellement plus que l'on ose y penser. Combien en meurent? Combien n'ont pas la chance d'avoir la vie prolongée par cette chirurgie?

Au retour de l'école, Miss Soleil m'exprime aussi ses inquiétudes. Je lui explique ma démarche mentale du jour. Qui semble la rassurer...


J'espère donc pouvoir revenir écrire ici dans pas trop long. Dès que je serai en mesure de le faire, je reviendrai partager des bribes de vie et réflexions.

Redonner vie à ce blogue s'inscrit en ce processus de renaissance postopératoire que je visualise. Pour mieux envisager ce futur si incertain qui est mien.

Je prie pour arriver à me réveiller de cette énième chirurgie sans grande difficulté. Je n'ai pas un bon dossier médical en ce qui concerne les anesthésies générales. J'espère pouvoir me réveiller. Pour ensuite cicatriser sans complication.

Que Dieu me garde en vie. Pour encore quelques années...

J-1 apprivoiser les angoisses du jour.



Mon dernier article pro remonte à deux automnes. Depuis, entre mes divers problèmes de santé et la commotion cérébrale de ma puce, je me bats et je me débats, comme une lionne en cage. Ce reportage là portait sur la méditation et l'enfance.

Inspirer, expirer, respirer...

Alors que se rapproche le jour J de cette hystérectomie qui me pend au nez depuis longtemps, j'inspire. J'expire. Je respire. Et ainsi de suite. Pour tenir la route devant moi. J'inspire l'idée de renaissance. J'expire peurs et angoisses. Je respire au présent. Je m'y ancre les idées. Inspirer plutôt que désespérer...

Je contrôle ma respiration en continu. À force de pratiques, j'en suis venue à maîtriser le cours de mes pensées. Ceci m'aide à ne point lâcher. Ceci m'aide à affronter. Avec toujours l'espoir de surmonter.

Sachant que tout cerveau humain génère, chaque jour, plus de 50 000 pensées en tout genre, j'ai pour objectif d'en maîtriser au moins les trois quarts. Ce qui, en soi, est le défi d'une vie. Ce dont j'ai conscience. Rien n'est jamais acquis.


En ce monde moderne où il semble bon genre de briller en des surfaces polies, l'on ne parle plus que d'apparence physique, de normes convenues et de corps musclés. Tout est dans le visible et le paraître.

Mais qu'en est-il des muscles de la cervelle? De ceux qui aident à supporter le pire de la vie? De ceux qui permettent de se renforcer de l'intérieur?

Méditer, n'est-ce point se plonger en ses profondeurs, sans jamais se juger ni se mentir? Méditer, n'est-ce point effectuer des exercices de gymnastique mentale pour se tonifier la cervelle? Méditer, n'est-ce point aller à contre courant des artifices et des hypocrisies humaines?

Méditez-vous? Que vous méditiez, ou non, quelle en est votre perception, votre définition personnelle?


Méditation = entraînement mental

Si on omet le côté spirituel de la méditation, il reste cette gymnastique qui muscle et tonifie les neurones. D'autant plus utile lorsque ceux-ci sont affaiblis par des difficultés quotidiennes!

Il se trouve que ceux qui possèdent des neurones en forme savent traverser les épreuves avec plus d'aisance que ceux qui les auront encrassés de paresse et d'ego.

Tout comme le sportif profitera des muscles en son corps pour sauter une barrière sans effort, le méditant aura la même capacité intérieure. C'est un phénomène étonnant et peu mis en lumière.

En l'invisible des obstacles qui durcissent la vie, le méditant les franchira avec moins d'effort et de sueur mentale, que celui qui n'aura jamais pris la peine de s'entraîner la cervelle.

D'ailleurs, c'est par instinct de survie que je médite Depuis plusieurs années maintenant. Au fil des années, à explorer des mantras en sanskrit, j'en ai découvert toutes sortes de nouvelles perspectives humaines. J'ai aussi pris conscience de combien, chacun, possède la capacité de prendre le contrôle de soi. Un effort à la fois.

Alors que je me prépare psychologiquement à ce qui m'attend physiquement, je remercie ces muscles de cervelle qui m'aident à ne pas sombrer. Un jour après l'autre.

Pour mieux affronter. Pour mieux refuser la peur et cultiver la foi. Pour mieux en supporter les peines et les maux. Prendre le contrôle de soi en choisissant de se muscler la cervelle...

Méditer, c'est se muscler la cervelle...

lundi, octobre 02, 2017

Je ne suis pas une fée des fourneaux, plutôt une pâtissière du dimanche.

J'aime concocter des biscuits, des gâteaux, des brioches. J'aime pétrir une pâte qui a levée durant la nuit. J'aime sentir cuire cette pâte pétrie.

La pâtisserie me détend les nerfs et adoucit mes humeurs. J'aime transformer des ingrédients innocents en de délicieuses gourmandises. Encore plus que les manger...

Depuis un an (la date de ma dernière chirurgie), je n'ai pu faire aucune pâtisserie.

Cela fait partie de ces multiples choses qui me manquent durant ces temps invalides. Juste une chose parmi tant d'autres...

Après une horrible convexité dorsale hivernale, possiblement déclenchée par les mauvais traitements d'une physio en qui j'avais confiance, je me relève. Une autre fois. Avant de me retrouver, de nouveau, à terre, en post-hystérectomie, je décide de faire une fournée de biscuits avec ma puce.

Entre un genou pété, un dos tordu, un utérus meurtrier et un visage coupé en deux par de permanentes neuropathies, j'en ai eu plein mon casque en cette année passée. Mais tant que je peux faire des biscuits, il y a de l'espoir.

Et tant qu'il y a de l'espoir, il y a de la vie...

Une publication partagée par Etolane (@etolane) le

Un biscuit viral avec une technique hors norme

Je tombe par hasard sur cette histoire de biscuit viral sur Instagram. J'en déniche la recette en deux/trois clics. Et le truc durant la cuisson, soi disant révolutionnaire, qui transforme le biscuit.

J'embauche ma puce sur le champ. Et c'est parti pour une séance de pâtisserie! Le bonheur n'étant point dans le cookie mais dans l'expérience de le faire. Même si homme et enfant se régalent au final, l'important est le moment que l'on passe ensemble.

Alors que la maison s'embaume des effluves de ces biscuits qui cuisent au four, je me rappelle pourquoi j'aime tant faire des pâtisseries. C'est une expérience humaine qui implique multiples sens. Le toucher, l'odorat, le goût...

Rater le biscuit, réussir l'instant présent? 

Ces biscuits sentent bien bon, d'autant plus que l'on passe notre temps à ouvrir le four pour tester le fameux truc!

Le soi-disant truc étant de faire retomber les biscuits en cours de cuisson afin qu'ils s'étalent davantage. Mouais...

On en teste la technique sans gros succès. En fait, c'est un flop total! Nos biscuits ne ressemblent en rien au résultat espéré.

Qu'importe cet échec pâtissier, ils sont bons pareil! Pas les meilleurs biscuits en mon historique personnel mais les premiers depuis trop longtemps. Homme et enfant en apprécient la dégustation. Et je me régale du moment...

De biscuits et de moments...

dimanche, octobre 01, 2017

Il y a exactement deux ans, lors d'une sortie familiale dans le cadre des journées de la culture, j'ai eu une vision!

La vision d'une cabane de vieilles fenêtres recyclées au fond de notre terrain boisé.

Cette vision fut si forte que j'ai commencé à sérieusement tanner mon homme avec cette idée folle.

Au départ perplexe, il m'écoute sans trop y accorder d'attention. Ce qui m'énerve. J'insiste. Jusqu'à le forcer à ramasser nos premières fenêtres lors de la corvée des monstres qui suit cette visite bucolique. 

Les monstres de la récupération

Deux ou trois fois par année, en notre coin de brousse, se déroulent les journées des monstres (ou des encombrants).

En ces jours là, les résidents mettent à la rue toutes les choses qui les encombrent. Un camion poubelle particulier vient alors les dévorer. En langage courant, on appelle ça, le jour des monstres.

La particularité de ces jours là est aussi le défilé de voitures et camionnettes qui font le tour du lac pour dénicher trésors antiques et métaux.

On ne voit jamais passer autant de voitures en notre rue que durant ces jours là. Les locaux en profitent aussi pour faire de la récupération gratuite.

En notre rue de brousse, ces jours là sont aussi dangereux pour l'insouciance de l'homme et l'enfant qui laissent trop souvent traîner des affaires sur la pelouse qui fait le trottoir de notre quartier.

Au fil des années, deux tondeuses, deux vélos, et une brouette d'enfant pleine de jeux de plage ont été ramassés par la ronde de ceux qui précèdent les monstres. La dernière tondeuse ainsi "volée" rendit l'homme vert d'énervement.

Sachant qu'il était en train de tondre et avait pris une pause d'une heure. Une heure durant laquelle passa des ramasseux de monstres. Qui prirent sa vieille tondeuse pour un encombrant!

Nous avons nous-même récupéré plusieurs objets au fil des années passées. Le tour du lac est composée de maisons secondaires ultra aisées. Le jour des monstres, c'est un peu comme un vide-grenier collectif.


Il y a souvent des trouvailles à dénicher comme ce rocking-chair que retape Miss Soleil pour notre minimaison.

C'est durant une période des monstres que l'on a ramassé nos premières fenêtres. Contre le gré de mon homme. Mais comme je n'ai pas de vision tous les jours, j'ai décidé de m'y accrocher. Et quand je m'accroche à un morceau, je ne le lâche point!

Un minichalet pour se garder la tête froide. 

Dans la foulée, j'ai découvert le mouvement des tinyhouses qui fait fureur aux États-Unis (et partout dans le monde). Le Québec s'y joint avec toutes sortes de nouvelles entreprises...

Je l'ai montré à mon homme qui a commencé à s'y intéresser de plus près. Étant architecte refoulé, le concept l'a attiré. Il a commencé à me prendre au sérieux.

À force de visionner, j'ai fini par réussir à le convaincre de s'y lancer. La commotion cérébrale de Miss Soleil a fini ce travail. Son équipe de l'IRDPQ nous ayant expliqué qu'avoir des projets de la sorte ferait du bien à son moral d'enfance en rade. 

Le projet de cabane de jardin a pris son envol. Puis je suis tombée gravement malade. L'homme a dû arrêter de travailler. Son thérapeute lui a expliqué qu'avoir un projet était vital pour son moral en berne...

Au fil des mois derniers, la cabane est devenue un véritable minichalet. De ces cabanes au Canada qui font rêver les européens?

Juan a transformé notre terrain en une sorte de retraite zen. De ses mains, seul, il a construit une adorable maisonnette que je refuse que l'on nomme cabane. Tant ce n'est pas lui faire honneur...

Il a remodelé la butte de notre terrain boisé. Il a construit un portique pour la puce qui rêvait d'un trapèze et d'une balançoire.

Bref, il a conçu une micromaison (trois saisons) digne de ce mouvement de plus en plus populaire. Il a non seulement concrétisé ma vision originale mais il en a dépassé mes attentes!

Une maison d'enfance (ou d'invités?)...

Cette minimaison est composée principalement de matériel recyclé. Il reste encore quelques finitions à terminer mais elle est désormais habitable. Et bien confortable...

L'on a investi en son bois de charpente. On a récupéré un maximum de fenêtres abandonnées, une porte rouge, du bois encore utilisable, du plancher de merisier (cadeau d'une amie) et même un mini évier! Donné par un voisin charmé par ce chantier.

Au fil des semaines/mois prochains, je prendrais le temps d'examiner cette maison miniature plus en détails. Mais aujourd'hui, je me contente de la présenter en commémoration de cette journée familiale où j'ai eu une fugace vision...






D'une cabane à une minimaison...